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Saqqarah Nord, grands mastabas des premières dynasties : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Saqqarah Nord, grands mastabas des premières dynasties
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Le secteur nord de Saqqarah occupe un plateau désertique à l’ouest de l’ancienne Memphis. Pendant les dynasties I et II, il sert de cimetière à une élite installée près du centre politique du royaume. Ses grands mastabas sont des constructions funéraires en brique crue, principalement rectangulaires, dressées au-dessus de chambres souterraines. Le mot « mastaba » décrit aujourd’hui leur silhouette de banc. La chronologie générale va des débuts de l’époque dynastique, vers 3100 av. J.-C., jusqu’à la fin de la IIe dynastie, vers 2700. Des tombes plus récentes existent sur le plateau, mais elles ne doivent pas être confondues avec celles du groupe archaïque. Le site ne se réduit pas à quelques monuments géants : de nombreuses structures plus petites composent un cimetière beaucoup plus dense.

Présentation générale

Saqqarah Nord donne accès aux stratégies de représentation et d’inhumation des élites memphites avant les grands complexes pyramidaux. L’emplacement dominant le paysage cultivé, la quantité de briques et le soin porté aux façades manifestent un investissement considérable. Les mastabas de la Ire dynastie présentent souvent un décor architectural à niches, parfois appelé façade de palais. À la IIe dynastie, plusieurs façades se simplifient et les aménagements pour les offrandes évoluent. Ces tendances ne doivent pas être appliquées mécaniquement à chaque tombe. La taille spectaculaire de certains monuments avait conduit à les attribuer à des souverains ; les tombeaux royaux identifiés à Abydos ont rendu cette lecture moins convaincante. La question des occupants se traite à partir des inscriptions, du mobilier et du contexte de chaque ensemble.

Monuments et vestiges

La superstructure, construite en brique crue, forme un massif rectangulaire au-dessus du dispositif d’inhumation. Les façades à ressauts et niches répètent un motif architectural prestigieux, sans constituer nécessairement des portes praticables. La chambre funéraire se trouve en dessous, parfois avec des magasins et des aménagements d’accès dont la disposition varie selon les tombes. Le mobilier peut comprendre poteries, récipients, objets personnels et empreintes de sceaux ; les pillages ont cependant souvent dispersé les dépôts. Les élévations conservées sont inégales, car la brique crue s’érode facilement. Les fouilles n’ont pas couvert tous les secteurs avec la même précision, et les mastabas de la IIe dynastie ont longtemps reçu moins d’attention que les plus grands monuments de la Ire. Les plans doivent ainsi être comparés avec prudence.

Chronologie et phases de construction

Les premiers grands mastabas de Saqqarah Nord appartiennent aux débuts de l’époque dynastique. Ils précèdent le complexe de Djéser, construit à la IIIe dynastie plus au sud sur le plateau, et ne sont pas des pyramides en miniature. Au fil des dynasties I et II, les superstructures, façades et installations souterraines connaissent des variantes et des transformations. Les formes à niches marquées sont particulièrement associées aux débuts de la série ; des façades plus simples apparaissent ensuite. Le cimetière continue de se densifier au-delà de l’époque archaïque. Un projet de réexamen des archives a souligné qu’il est trompeur de ne voir que des tombes de la Ire dynastie dispersées : plus de cent soixante structures fouillées étaient restées peu étudiées ou inédites, et le plan reconstitué indique une occupation dense jusque vers la fin de la IIIe dynastie.

Histoire et fonctions

Les mastabas sont des monuments de statut et des lieux de mémoire. Construire un grand massif en briques, organiser des magasins funéraires et déposer des biens supposaient l’accès à une main-d’œuvre et à des ressources. La proximité de Memphis relie ce cimetière à la formation de l’administration royale, sans prouver la charge exacte de chaque personne enterrée. Les niches des façades créaient des points visibles pour la mémoire et les offrandes ; leur nombre et leur disposition changent. Les objets trouvés dans les chambres montrent des choix funéraires, mais ils ne représentent pas une image complète de la vie quotidienne. Les tombes plus modestes, longtemps moins publiées, sont nécessaires pour comprendre la hiérarchie interne du cimetière. Le plateau doit être lu comme un ensemble social et chronologique, non comme une simple galerie de monuments isolés.

Fouilles et histoire de la recherche

Les premières fouilles modernes du plateau ont été conduites par plusieurs générations de chercheurs, dont Auguste Mariette, James Quibell, Cecil Firth et Walter Emery. À partir des années 1950, l’Egypt Exploration Society a repris des travaux sous Emery, Geoffrey Martin et Harry Smith. Les grands mastabas, susceptibles d’être associés à des noms royaux, ont reçu une attention disproportionnée. Un projet récent dirigé par Sergio Alarcón Robledo rassemble données d’archives, photographies, relevés et résultats de prospections géomagnétiques pour reconstituer le cimetière au-delà de ces monuments. L’EES souligne qu’aucun plan complet de la nécropole n’existe encore ; la reconstruction ne peut être que partielle. Cette reprise documentaire aide à réévaluer la densité du secteur et la place des tombes de la IIe dynastie. Elle montre la valeur scientifique des archives anciennes lorsque les vestiges sont désormais érodés ou difficiles à revoir.

État de conservation et questions de recherche

L’identité de nombreux occupants reste incertaine. Un sceau au nom d’un roi peut dater un contexte ou témoigner d’une relation administrative sans faire de l’individu enterré ce roi. Les débats anciens sur des « tombes royales de Saqqarah » ne se résolvent pas par la taille seule. L’architecture en brique crue est souvent réduite, et les restitutions de hauteur ou de couverture sont hypothétiques. Les plans des tombes fouillées à des dates différentes n’offrent pas toujours la même qualité de relevé. Les mastabas de la IIIe dynastie et les chapelles décorées de l’Ancien Empire ne doivent pas être projetés sur ces édifices plus anciens.

Sources principales

Egypt Exploration Society, « North Saqqara », projet de réexamen des archives, 2022. https://www.ees.ac.uk/resource/north-saqqara.html (consulté le 26 septembre 2026).
University College London, Digital Egypt for Universities, « Mastabas ». https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/burialcustoms/mastaba.html (consulté le 26 septembre 2026).
University College London, Digital Egypt for Universities, « Early Dynastic burial customs ». https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/burialcustoms/earlydynastic.html (consulté le 26 septembre 2026).
University College London, Digital Egypt for Universities, « Saqqara ». https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/saqqara/index.html (consulté le 26 septembre 2026).

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