En quelques mots
Au sud du complexe de Djéser à Saqqarah, la pyramide d’Ounas est plus modeste que les géants de Gizeh. Ounas, dernier roi de la Ve dynastie, régna selon cette chronologie vers 2375–2345 avant notre ère. Son monument est pourtant décisif : c’est la première pyramide royale conservée dont les chambres portent les formules funéraires que les chercheurs appellent les Textes des pyramides.
Ce que l’on découvre
À l’extérieur, la pyramide a perdu sa forme régulière et son parement. Les vestiges du temple funéraire se trouvent près d’elle ; une longue chaussée la reliait au temple de la vallée, dont des restes sont visibles près de l’entrée moderne de Saqqarah. Une partie de la chaussée décorée subsiste, tandis que de nombreux blocs furent prélevés et réemployés. À l’intérieur, les parois de la chambre funéraire et d’espaces voisins portent des colonnes de hiéroglyphes. Ces textes devaient accompagner le roi mort, lui assurer offrandes et passage vers une existence transformée.
Son histoire
Les formules n’ont probablement pas été composées toutes pour la première fois sous Ounas : elles appartenaient à des traditions rituelles plus anciennes. Sa pyramide est le plus ancien exemple conservé de leur inscription dans les chambres d’un tombeau royal. Des souverains et certaines reines des dynasties suivantes adoptèrent à leur tour ces textes. Les égyptologues les ont relevés, copiés et comparés pour étudier leurs variantes. Leurs traductions évoluent encore, car les formules mêlent images, langage rituel et allusions dont le sens n’est pas toujours assuré.
Pourquoi ce lieu compte
La pyramide d’Ounas montre qu’une petite masse extérieure peut abriter une innovation majeure dans l’histoire des sources écrites. Le visiteur peut rapprocher trois niveaux : le tombeau du roi, le parcours de temples et de chaussée, puis les textes à l’intérieur. Il faut retenir que « premiers Textes des pyramides » signifie première attestation conservée dans une pyramide, non premier texte religieux de l’humanité.
