Saqqarah, galeries du Sérapéum des taureaux Apis

Illustration du site Saqqarah, galeries du Sérapéum des taureaux Apis
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Le Sérapéum se trouve à Saqqarah nord, dans la vaste nécropole de Memphis. Le nom désigne les catacombes où furent ensevelis les taureaux Apis, animaux sacrés liés à Ptah, le grand dieu de Memphis. Il n’existait qu’un seul Apis à la fois : à sa mort, le taureau était momifié et inhumé avec tous les honneurs, tandis que les prêtres cherchaient son successeur d’après les marques de son pelage. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités situe l’usage du site entre le règne d’Amenhotep III, au Nouvel Empire, et l’époque ptolémaïque.

Ce que l’on découvre

En surface, une allée de sphinx conduisait au complexe funéraire. Elle reliait aussi des sanctuaires : c’est dans une petite chapelle bordant le côté nord de l’allée qui unissait deux temples que fut trouvée, le 23 mars 1851, la grande statue d’Apis en calcaire peint aujourd’hui exposée au Louvre, datée du règne de Nectanébo Ier. Ces constructions de surface ont presque disparu, et l’essentiel de la visite se fait sous terre.

La descente mène dans deux longs couloirs qui abritaient les dépouilles momifiées des taureaux, déposées dans des sarcophages de pierre. L’impression dominante est celle de la répétition : les cuves se succèdent dans la pénombre, chacune liée à un animal, donc à un moment précis du culte. Ce paysage souterrain est pourtant le dernier état d’une longue histoire. Avant les catacombes, à la fin de la XVIIIe dynastie, chaque taureau recevait une tombe propre, faite d’une chapelle en surface et d’une chambre souterraine ; les galeries communes n’apparaissent qu’à partir du règne de Ramsès II.

Ce qu’il faut regarder

Le Sérapéum est d’abord un lieu d’écriture. Prêtres, fonctionnaires et visiteurs y déposaient des stèles datées, et beaucoup ont été rapportées au Louvre par Auguste Mariette. L’une d’elles, trouvée le 22 février 1852 dans la partie des galeries appelée « Petits Souterrains », montre Psammétique Ier en pagne rituel, tenant une aiguière et un encensoir devant Apis, coiffé du disque solaire et de l’uræus. Le texte précise que l’animal mourut en l’an 20 du règne et fut enseveli en l’an 21. Chaque inscription de ce type ancre une inhumation dans la chronologie royale.

Un second détail se lit sur la statue d’Apis du Louvre : entre les pattes avant du taureau, des graffiti en démotique ont été tracés par des fidèles. Le même geste se retrouve sur les montants de la porte des « Grands Souterrains », couverts sous Ptolémée VI d’inscriptions démotiques qui nomment les prêtres et serviteurs d’Apis-Osiris avec leur filiation. La pierre garde ainsi la trace de ceux qui fréquentaient le sanctuaire, et pas seulement celle des rois.

Son histoire

Le culte d’Apis est très ancien, mais les rites funéraires qui lui sont consacrés ne sont documentés qu’à partir du Nouvel Empire. Sous Ramsès II, deux de ses fils, Khâemouaset et Mérenptah, alors princes et grands prêtres de Ptah, firent des offrandes pour les inhumations, notamment des bijoux et des ouchebtis. Les galeries furent ensuite agrandies au fil des siècles ; la stèle de Psammétique Ier montre que les Petits Souterrains servaient encore au début de la XXVIe dynastie, et la porte des Grands Souterrains atteste l’activité du lieu sous les Ptolémées.

Plusieurs points restent incertains. Les plus anciens taureaux conservés ne sont pas de véritables momies, mais des ossements brisés réunis en une masse avec de la résine et du lin. La fin du site est aussi datée diversement : le ministère la place à l’époque ptolémaïque, tandis que l’égyptologue Aidan Dodson rapporte l’arrêt des inhumations au règne d’Auguste. Enfin, la répartition exacte des animaux entre les différentes galeries repose sur des stèles souvent déplacées, ce qui laisse bien des attributions ouvertes.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Serapeum, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Stèle cintrée de Psammétique Ier devant Apis (N 403), musée du Louvre ; Statue du taureau Apis (N 390), musée du Louvre.