Saqqarah, galeries du Sérapéum des taureaux Apis : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Saqqarah, galeries du Sérapéum des taureaux Apis
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Le Sérapéum de Memphis est l’ensemble funéraire des taureaux Apis, situé à Saqqarah nord, dans la nécropole de l’ancienne capitale. L’Apis était reconnu à des marques blanches et noires caractéristiques ; à la mort de l’animal, les prêtres recherchaient un jeune taureau dont le pelage rappelait celui de son prédécesseur. Le lien de l’Apis avec la royauté est ancien : la Pierre de Palerme mentionne déjà une « course d’Apis » sous les rois Den et Ninetjer. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités présente le taureau comme une incarnation de Ptah, dont le centre de culte était Memphis.

Des tombes isolées aux catacombes

Les plus anciens témoignages de rites posthumes remontent à la fin de la XVIIIe dynastie ; le ministère fait débuter l’usage du site sous Amenhotep III. À cette époque, chaque taureau recevait une sépulture propre, composée d’une chapelle en surface et d’une chambre souterraine. Sous Ramsès II, ces tombes furent remplacées par une série de catacombes dans le même secteur, que l’on désigne collectivement comme le Sérapéum. Deux fils du roi, Khâemouaset et Mérenptah, princes et grands prêtres de Ptah, y firent des offrandes de bijoux et d’ouchebtis. Les galeries dites « Petits Souterrains » étaient encore utilisées au début de la XXVIe dynastie : une stèle du Louvre (N 403), trouvée le 22 février 1852, y rapporte la mort d’un Apis en l’an 20 de Psammétique Ier et son inhumation en l’an 21. Les « Grands Souterrains » fonctionnaient à l’époque ptolémaïque, et les inhumations cessèrent sous Auguste.

Traitement du taureau et mobilier

Les restes des taureaux des XVIIIe et XIXe dynasties se présentent comme des ossements brisés, agglomérés avec de la résine et du lin ; les animaux plus tardifs furent embaumés de manière conventionnelle. Un papyrus de la fin de l’époque ptolémaïque décrit la séquence des funérailles : lavage rituel, embaumement, bandelettes, mise en cercueil et cérémonies. À l’époque romaine, la durée de vie de l’animal a peut-être été limitée à vingt-cinq ans, sans indice d’une telle règle plus tôt. Le site a livré un abondant mobilier : stèles votives datées, statues, dont un Apis en calcaire peint du règne de Nectanébo Ier (Louvre, N 390) découvert dans une chapelle bordant l’allée qui reliait deux temples, et montants de la porte des Grands Souterrains couverts sous Ptolémée VI de graffiti démotiques nommant le personnel d’Apis-Osiris.

Mariette et la découverte de 1850

Auguste Mariette, employé au Louvre, avait obtenu grâce à Charles Lenormant et à l’Académie des inscriptions et belles-lettres une mission pour réunir des manuscrits coptes, éthiopiens et syriaques. Débarqué à Alexandrie le 2 octobre 1850, il se rendit à Saqqarah le 27 octobre et y aperçut une tête de sphinx en calcaire émergeant du sable. Le dégagement de l’allée le conduisit au Sérapéum, qu’il fouilla jusqu’en 1854. Une partie des découvertes entra au Louvre par partage, à partir de 1852. Les stèles votives ont été étudiées notamment par Jean Vercoutter, dans ses Textes biographiques du Sérapéum de Memphis (1962).

Une chronologie encore discutée

La fin de l’usage du site est placée à l’époque ptolémaïque par le ministère et sous Auguste par Aidan Dodson. La correspondance entre chaque stèle, chaque taureau et chaque chambre reste difficile à établir, car une grande partie des monuments a été déplacée depuis le XIXe siècle et dispersée entre Le Caire et Paris.

Sources principales

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Aidan Dodson, « Rituals Related to Animal Cults », UCLA Encyclopedia of Egyptology, 2009 ; Jacques Vandier, « La découverte du Sérapéum et les funérailles de l’Apis d’après certaines stèles du Sérapéum », Journal des savants, 1964 ; Porte des Grands Souterrains du Sérapéum de Memphis (N 420), musée du Louvre.

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