En quelques mots
À Abousir, au sud de Gizeh, Sahourê fit construire un complexe funéraire pendant la Ve dynastie. Sa pyramide est aujourd’hui très ruinée, mais les vestiges de ses temples et de leurs décors en font un site majeur. Une chaussée reliait le temple proche de la pyramide à un temple de la vallée. Ce parcours permet de comprendre que la tombe royale était entourée de lieux de rites et d’images.
Ce que l’on découvre
Le temple funéraire se dressait contre le côté est de la pyramide. Une cour ouverte était autrefois bordée de seize colonnes de granit coiffées d’un chapiteau imitant des feuilles de palmier. Les colonnes sont aujourd’hui dispersées ou déplacées ; l’une est conservée au Metropolitan Museum de New York. Les murs étaient couverts de reliefs colorés : souverain face aux dieux, ennemis vaincus, porteurs d’offrandes. La chaussée descendait vers le temple de la vallée, à la limite des terres cultivées. Sur place, les murs sont fragmentaires et la pyramide a perdu son parement ; les images de bâtiments intacts sont des restitutions.
Son histoire
Sahourê, deuxième roi de la Ve dynastie, développa à Abousir un ensemble qui servit de modèle à des complexes ultérieurs. Ludwig Borchardt fouilla le temple au début du XXe siècle et publia ses reliefs et son architecture. Des recherches récentes ont repris l’étude de la chaussée et de l’intérieur de la pyramide. En 2019–2022, l’équipe dirigée par Mohamed Ismail Khaled a documenté des blocs décorés, des magasins et des secteurs de la sous-structure tout en consolidant des parties menacées. Ces découvertes montrent que les plans anciens ne résumaient pas toute l’histoire du monument.
Pourquoi ce lieu compte
Le site montre un changement d’accent dans les constructions royales : la pyramide est moins imposante qu’à Gizeh, mais les temples et leurs reliefs racontent plus largement le culte du souverain. Les colonnes palmiformes, le trajet de la chaussée et les scènes gravées relient matériaux, architecture et message politique. L’état ruiné du lieu demande toutefois de distinguer les blocs observés des salles reconstituées par les chercheurs.
