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Abousir, pyramide et temple de Sahourê : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Abousir, pyramide et temple de Sahourê
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Le complexe funéraire de Sahourê, ou Sahura, se trouve à Abousir, entre Gizeh et Saqqarah. Il appartient à la Ve dynastie ; le Metropolitan Museum of Art situe le règne vers 2458–2446 avant notre ère selon sa chronologie. L’ensemble associe la pyramide royale, un temple funéraire contre son côté est, une chaussée décorée et un temple de la vallée. Son étude réunit architecture, reliefs, sculpture et stratigraphie. Les différents bâtiments doivent être considérés comme des parties d’un même programme, tout en distinguant les vestiges conservés des restitutions.

Présentation générale

La pyramide a perdu une grande partie de son parement et de son élévation, tandis que les temples ont livré une documentation exceptionnelle pour les décors royaux de l’Ancien Empire. Le temple haut et la chaussée étaient des espaces de représentation autant que de culte. Dieter Arnold, dans l’étude du Metropolitan Museum consacrée à une colonne du site, souligne que la combinaison de formes héritées de la IVe dynastie et d’éléments nouveaux devint influente pour les complexes suivants. Cette influence ne signifie pas que tous les détails du bâtiment peuvent être reconstruits avec certitude.

Monuments et vestiges

Le temple funéraire comprenait une cour ouverte entourée à l’origine de seize colonnes monolithiques de granit à chapiteaux palmiformes. L’une de ces colonnes, venue d’Assouan, est conservée au Metropolitan Museum. Des reliefs peints représentaient notamment le roi, des divinités, des ennemis et des processions d’offrandes. La chaussée menait vers un temple de la vallée au contact du paysage cultivé. La pyramide abritait la tombe royale ; ses passages et chambres ont été très endommagés par les prélèvements de pierre. Les recherches récentes ont identifié et consolidé des espaces de stockage et réévalué la disposition des compartiments internes. Les blocs de relief trouvés dans la chaussée rappellent que l’étendue du programme iconographique ne se limite pas au temple haut.

Chronologie et phases de construction

La construction appartient au règne de Sahourê, second roi de la Ve dynastie. Les travaux de taille, d’acheminement du granit et de décoration se sont succédé à l’échelle de tout le complexe. Les chutes de colonnes et les prélèvements de matériaux appartiennent à une histoire postérieure qu’il est difficile de dater partout avec précision. Borchardt expliquait la chute d’un groupe de colonnes par le retrait d’un support à l’époque ptolémaïque ; Dieter Arnold note que les photographies de fouille pourraient aussi suggérer un séisme. Les deux lectures ne doivent pas être présentées comme un fait tranché. Les blocs nouveaux découverts dans la chaussée et les observations de la sous-structure imposent de compléter les plans issus des premières campagnes.

Histoire et fonctions

La pyramide constituait le tombeau du roi. Les temples et la chaussée formaient un parcours pour les cérémonies et l’entretien de son culte funéraire. Les scènes de triomphe, d’échange avec les dieux et d’offrandes projetaient une image du souverain et de l’ordre qu’il incarnait. Il faut cependant lire ces reliefs comme des représentations idéologiques, non comme des comptes rendus directs d’événements historiques précis. L’architecture liait ce récit visuel aux lieux de passage. La cour à colonnes palmiformes mettait en œuvre des matériaux coûteux et des formes végétales traduites en pierre. Le rapport entre la masse pyramidale et l’étendue du décor est l’un des traits majeurs de la Ve dynastie.

Fouilles et histoire de la recherche

John Perring explora l’entrée de la pyramide au XIXe siècle. Ludwig Borchardt mena les grandes fouilles du temple en 1907 et publia ses plans et ses reliefs. Une partie des éléments sculptés et des colonnes a été transférée dans des musées ; leur provenance doit rester liée au site d’origine. Au XXIe siècle, l’équipe de Mohamed Ismail Khaled a repris l’étude de la chaussée et de la sous-structure. L’ARCE documente des découvertes de blocs sculptés dans la chaussée et des campagnes de protection en 2019–2020, puis une reprise en 2022 sur les magasins et les chambres. Ces interventions combinent recherche et conservation. Elles rappellent que le complexe reste un terrain d’enquête, et non un site entièrement publié une fois pour toutes.

État de conservation et questions de recherche

L’érosion, les prélèvements et les fouilles ont transformé l’élévation de la pyramide et les murs des temples. Les espaces internes sont fragiles ; les projets récents visent précisément à éviter de nouveaux effondrements. La disposition du temple haut est bien mieux documentée que certains détails de la chambre funéraire ou du temple de la vallée. La reconstruction de la chute des colonnes est débattue ; la lecture de la chaussée continue d’évoluer à mesure que des reliefs sont dégagés.

Sources principales

Sources principales : Metropolitan Museum of Art, « Palm Column of Sahure », https://www.metmuseum.org/art/collection/search/543936 ; Dieter Arnold, « Curatorial Interpretation: Palm Column of Sahure », 2015, https://www.metmuseum.org/pt/essays/sahure-column ; Metropolitan Museum, « Egypt in the Old Kingdom », https://www.metmuseum.org/pt/essays/egypt-in-the-old-kingdom-ca-2649-2150-b-c ; American Research Center in Egypt, « The Pyramid Complex of King Sahura: Protection, Restoration and Documentation », https://arce.org/project/pyramid-complex-king-sahura-protection-restoration-and-documentation/ ; ARCE, « Corridors, Magazines, and Burial Chambers », https://arce.org/project/corridors-magazines-and-burial-chambers-recent-investigations-at-sahuras-pyramid/ (sources en ligne consultées le 27 septembre 2026).

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