
Identification et localisation
Le temple d’Hathor de Dendérah se trouve sur la rive occidentale du Nil, face à la ville de Qena. Il s’élève au centre d’une vaste enceinte de briques crues qui réunit aussi deux mammisis, un lac sacré, un sanatorium et des chapelles. C’est l’un des temples les mieux conservés d’Égypte, toit compris.
Architecture et décor
La façade s’ouvre sur un pronaos de 24 colonnes dont les chapiteaux portent le visage d’Hathor, sous un plafond astronomique récemment nettoyé ; selon le ministère égyptien, des sistres encadrent le visage de la déesse sur les colonnes de la façade. Suivent une seconde salle hypostyle, des salles d’offrandes et le sanctuaire. Des cryptes aménagées dans l’épaisseur des murs conservaient les objets de culte. Des escaliers conduisent au toit, où se trouvent des chapelles consacrées à la résurrection d’Osiris.
L’une de ces chapelles portait le célèbre zodiaque circulaire de Dendérah, détaché en 1821 et conservé depuis au musée du Louvre ; un moulage le remplace sur place. Sur le mur extérieur arrière, une grande scène montre Cléopâtre VII et son fils Césarion faisant offrande aux dieux.
Chronologie et phases de construction
Le temple actuel a été commencé en 54 av. J.-C., sous Ptolémée XII, sur l’emplacement de sanctuaires plus anciens, et sa décoration s’est poursuivie sous Cléopâtre VII puis sous les empereurs romains. Le pronaos date de l’époque de Tibère. Des éléments antérieurs, remontant à l’Ancien Empire selon les textes du temple, attestent l’ancienneté du culte d’Hathor à Dendérah. Le ministère égyptien indique que des vestiges antérieurs au temple ptolémaïque remontent jusqu’au roi Pépi Ier, de l’Ancien Empire. Le temple actuel n’est donc que la dernière étape d’un lieu sacré occupé pendant plus de deux millénaires, ce qui explique la superposition de traditions religieuses, depuis les premiers cultes de la déesse jusqu’aux grandes compositions cosmologiques gravées sous la domination romaine.
Histoire et fonctions
Hathor, déesse de l’amour, de la musique et de la joie, était la principale divinité du lieu. Chaque année, sa statue voyageait par le fleuve jusqu’à Edfou pour rejoindre Horus lors de la fête de la « Bonne Réunion ». Les mammisis célébraient la naissance divine de leur fils Ihy.
Fouilles et histoire de la recherche
Le temple a été dégagé par Auguste Mariette au XIXe siècle. L’Institut français d’archéologie orientale publie depuis des décennies ses inscriptions, qui forment l’un des corpus religieux les plus riches de l’Égypte tardive.
État de conservation et questions de recherche
Le nettoyage des plafonds, noircis par la suie, a révélé des couleurs vives. Les recherches portent sur la théologie d’Hathor, sur l’astronomie religieuse et sur la chronologie des phases de décoration.
Sources principales
Sources (consultées le 28 septembre 2026) : Ministère égyptien, temple de Dendérah ; IFAO, Dendara.