Monastère Sainte-Catherine

Photographie du site Monastère Sainte-Catherine
Photographie : reconstitution par IA.

En quelques mots

Le monastère Sainte-Catherine s’élève dans le sud du Sinaï, au pied du Djebel Moussa, que la tradition identifie au mont Horeb, le mont Sinaï biblique. Fondé au VIe siècle, il est, selon l’UNESCO, le plus ancien monastère chrétien encore utilisé pour sa fonction d’origine. Il est inscrit depuis 2002 sur la liste du patrimoine mondial, au sein d’un vaste ensemble, la zone Sainte-Catherine, où montagne et lieux saints forment un seul paysage, sacré pour le christianisme, l’islam et le judaïsme.

Ce que l’on découvre

Une enceinte fortifiée enferme un ensemble dense : l’église principale, des chapelles, les logements des moines, un réfectoire, un pressoir à huile, un ossuaire et une petite mosquée fatimide du XIIe siècle, ajoutée bien après la fondation. La juxtaposition de l’église et de la mosquée dans le même enclos résume l’histoire d’un lieu partagé. Un buisson vénéré comme le Buisson ardent est aujourd’hui protégé par une palissade : les visiteurs qui en arrachaient des rameaux menaçaient sa survie.

La communauté est restée vivante depuis quatorze siècles. Réparations et adjonctions successives, faites avec des matériaux locaux, ont modifié l’aspect des bâtiments : l’image actuelle du monastère n’est pas celle du VIe siècle, même si l’enceinte et l’église d’origine demeurent.

Ce qu’il faut regarder

Le regard doit se porter vers l’abside de l’église. Sa conque et l’arc qui l’encadre portent une mosaïque du VIe siècle figurant la Transfiguration du Christ, l’un des grands ensembles de l’art byzantin ancien. Elle a failli disparaître : lors de la restauration menée de 2005 à 2010 par le Centro di Conservazione Archeologica de Rome, sous la direction de Roberto Nardi et sous la supervision du Conseil suprême des antiquités, une grande partie du lit de pose s’était détachée de la maçonnerie, la figure du Christ s’écartait de dix centimètres du mur et quelque 20 000 tesselles d’origine avaient été perdues.

Le second trésor tient aux icônes. Plusieurs remontent au VIe siècle et comptent parmi les plus anciennes conservées du monde byzantin. Leur survie s’explique par l’isolement du monastère, resté à l’écart des destructions de l’iconoclasme aux VIIIe et IXe siècles.

Son histoire

Des ermites vivaient dans la région bien avant que l’empereur Justinien ne fasse bâtir le monastère fortifié au VIe siècle. L’église principale est dédiée à la Transfiguration ; le monastère ne prit que plus tard le nom de sainte Catherine d’Alexandrie, martyre du début du IVe siècle dont les moines disent avoir retrouvé le corps au IXe siècle sur une montagne voisine. Moïse, le Buisson ardent et Catherine appartiennent ainsi à la mémoire spirituelle du lieu ; la datation des bâtiments repose, elle, sur les inscriptions et l’étude des maçonneries.

Le site reste fragile. L’UNESCO signale les éboulements rocheux qui menacent les murs, les risques de crue et la pression d’une fréquentation touristique qui trouble la paix et l’intégrité du lieu.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Zone Sainte-Catherine, Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO ; Stephanie Caruso, « Conservation of the Sixth-Century Mosaics at the Church of the Monastery of Saint Catherine at Mount Sinai », Metropolitan Museum of Art, 2012 ; « Hallowed Ground at the Getty Center », J. Paul Getty Trust.