Monastère Sainte-Catherine : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Monastère Sainte-Catherine
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Le monastère Sainte-Catherine se trouve dans le sud de la péninsule du Sinaï, au pied du Djebel Moussa, identifié par la tradition au mont Sinaï biblique. Occupé sans interruption par une communauté de moines orthodoxes depuis sa fondation, il forme le cœur de la zone Sainte-Catherine, inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 2002.

Une fondation de Justinien

Le monastère fortifié fut élevé sur ordre de l’empereur byzantin Justinien Ier (527–565) pour abriter les moines installés dans la péninsule depuis le IVe siècle. La date de l’église principale est précisée par ses poutres de toiture, dont les inscriptions honorent Justinien et son épouse Théodora : Théodora étant morte en 548 et Justinien en 565, l’église fut achevée entre ces deux dates. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités retient la fourchette 548–565 pour la construction. Le patronage de sainte Catherine d’Alexandrie, martyre du début du IVe siècle, est postérieur : selon la tradition, les moines retrouvèrent son corps au IXe siècle sur le mont voisin qui porte aujourd’hui son nom.

L’église de la Transfiguration et l’enclos

L’église de la Transfiguration du Christ Sauveur est l’édifice majeur de l’enclos ; elle englobe plusieurs chapelles, dont celle du Buisson ardent, placée à l’endroit où, selon la tradition, Dieu parla à Moïse. L’abside, au-dessus du maître-autel, conserve la mosaïque de la Transfiguration, l’un des principaux monuments de l’art byzantin ancien. L’enceinte renferme aussi d’autres églises, les logements des moines, un réfectoire, un pressoir à huile, des ossuaires et une mosquée fatimide du XIIe siècle. La bibliothèque réunit des livres rares et environ 6 000 manuscrits.

Les expéditions de 1956–1965

L’étude scientifique moderne de l’architecture et du décor doit beaucoup aux expéditions conjointes des universités du Michigan, de Princeton et d’Alexandrie : une reconnaissance en 1956, puis des campagnes en 1958, 1960, 1963 et 1965, sous la direction de George H. Forsyth Jr., avec Kurt Weitzmann (Princeton) et Ahmed Fikry (Alexandrie). Faute de pouvoir fouiller, pour des raisons religieuses, les chercheurs se limitèrent à la description, aux relevés et à la photographie des bâtiments et des œuvres d’origine. Ils constatèrent que les tesselles de la mosaïque absidale se détachaient de la voûte ; des restaurateurs venus d’Istanbul procédèrent à une consolidation d’urgence.

Le Codex Sinaiticus, un manuscrit dispersé

Entre le 24 mai et le 1er juin 1844, les moines montrèrent à l’érudit allemand Constantin Tischendorf 129 feuillets de l’Ancien Testament de ce manuscrit grec de la Bible, copié il y a plus de seize siècles ; il en obtint 43, entrés à la bibliothèque universitaire de Leipzig. Lors de sa troisième visite, en 1859, sous le patronage du tsar Alexandre II, il vit le 4 février 347 feuillets, remis au tsar en 1862 avec son édition en fac-similé. Le gouvernement soviétique les vendit au British Museum pour 100 000 livres ; ils arrivèrent à Londres le 26 décembre 1933. Le 26 mai 1975, le dégagement d’une salle sous la chapelle Saint-Georges, contre le mur nord, révéla une cache de fragments manuscrits comprenant au moins dix-huit feuillets ou fragments du Codex.

Un monument habité

Le Codex est aujourd’hui partagé entre la British Library, la bibliothèque universitaire de Leipzig, la Bibliothèque nationale de Russie et le monastère. L’absence de fouilles limite la connaissance des phases antérieures à Justinien et de l’évolution de l’enclos, dont les bâtiments en usage ont été continuellement entretenus et remaniés.

Sources principales

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Saint Catherine’s Monastery, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Monastery of St. Catherine at Mount Sinai, Egypt, Kelsey Museum of Archaeology, University of Michigan ; History of Codex Sinaiticus, Codex Sinaiticus Project (British Library, Leipzig, Bibliothèque nationale de Russie, monastère Sainte-Catherine).

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