En quelques mots
Sur un plateau rocheux du sud-ouest du Sinaï, Sérabit el-Khadim associe des mines et un sanctuaire d'Hathor, appelée « maîtresse de la turquoise ». Le lieu fut particulièrement actif au Moyen Empire et demeura important au Nouvel Empire. Les expéditions égyptiennes cherchaient la turquoise et exploitaient aussi les ressources cuprifères du Sinaï. Le sanctuaire et les galeries minières sont liés par ces activités, mais ils n'ont pas été construits ni utilisés tous au même moment.
Ce que l’on découvre
Le temple d'Hathor recevait des stèles royales et privées ainsi que des offrandes votives. Les inscriptions commémorent des expéditions, des responsables et des actes de dévotion. Leur accumulation forme une histoire de plusieurs règnes, pas un ensemble uniforme. Une stèle au nom d'Amenemhat III, aujourd'hui au British Museum, se trouvait sur une crête près du temple ; son texte funéraire souhaitait maintenir la mémoire d'un responsable auprès de la déesse, et ne signifie pas que sa tombe se trouvait là.
Son histoire
Le site est aussi célèbre pour les inscriptions dites proto-sinaïtiques, tracées dans un système graphique différent des hiéroglyphes. Un petit sphinx en grès rouge découvert au temple porte les deux types de signes. Les chercheurs y voient un témoignage ancien des formes alphabétiques qui se développeront plus tard, mais la datation, la lecture et le contexte de chaque inscription demandent une étude précise. Il serait trompeur d'attribuer toute cette écriture à une seule expédition ou à un inventeur identifié.
Pourquoi ce lieu compte
Sérabit el-Khadim permet de relier travail minier, transport, culte et circulation des langues. Les vestiges sont dispersés sur un paysage de plateau et de galeries, et plusieurs objets ont été transférés dans des musées.
