Deir el-Hagar, temple d’Amon

Illustration du site Deir el-Hagar, temple d’Amon
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Deir el-Hagar, le « monastère de pierre » en arabe, est un petit temple de grès situé à l’extrémité ouest de l’oasis de Dakhla, dans le désert occidental. Son dieu principal était Amon-Rê, et Thoth y recevait aussi un culte. Le chantier commença probablement sous Néron, au Ier siècle apr. J.-C., et la décoration fut poursuivie sous Vespasien, Titus et Domitien ; le temple resta fréquenté au moins jusqu’au IIIe siècle.

Ce que l’on découvre

Le temple est orienté est-ouest, au milieu d’une enceinte de briques crues que l’on franchit par une porte de pierre, face à l’entrée. Le premier Européen à le décrire en détail, le voyageur britannique Sir Archibald Edmonstone, venu en février 1819, en mesura le plan : un édifice d’environ 15,6 mètres sur 7,5, précédé d’un portique à colonnes, puis une salle à quatre piliers, une pièce presque nue ornée seulement d’un disque ailé au-dessus de la porte, et enfin trois petites pièces parallèles, dont celle du centre formait le sanctuaire. Il y nota des murs noircis par la fumée des lampes du culte.

Le monument avait souffert de l’ensablement et des fouilles de chercheurs de trésors. Entre 1992 et 1995, le Dakhleh Oasis Project l’a dégagé et consolidé avec le Conseil suprême des antiquités égyptiennes, pour assurer sa sauvegarde et en faciliter la visite. La présentation actuelle résulte de ces travaux.

Ce qu’il faut regarder

À l’intérieur du pronaos, dans la salle sud, des graffitis modernes portent les noms des membres de l’expédition allemande de Gerhard Rohlfs, venus en 1874. Cette équipe, dont faisait partie le photographe P. Remelé, fit dégager en quatre jours le sanctuaire et la salle des offrandes : ce fut la première fouille menée dans l’oasis.

Plus discrètes sont les traces laissées par les fidèles de l’Antiquité. Le dégagement de 1992–1995 a révélé, juste au sud de la porte principale de l’enceinte, une porte secondaire dont les montants conservaient leur enduit de chaux couvert de dipinti : prières en grec, noms de musiciens, dessins de dieux et d’animaux sacrés, comme un bélier coiffé d’un croissant lunaire, animal d’Amon-Rê, face à un babouin, animal de Thoth. La plupart datent du IIe siècle apr. J.-C. Une partie a été perdue en 1998, quand un des montants s’est dégradé.

Son histoire

Le temple compte parmi les sept temples de pierre au moins que l’oasis de Dakhla a conservés des époques ptolémaïque et romaine. Les cartouches impériaux ne témoignent pas d’une venue des empereurs dans l’oasis : selon la tradition des temples égyptiens, le souverain régnant, même lointain, figure comme l’officiant des rites. Deux dipinti datés du mois de Tybi, rapprochés d’une stèle du règne de Vespasien portant la même date, suggèrent qu’une grande fête d’Amon-Rê se tenait à la fin de décembre ; sa nature reste inconnue. Le plafond astronomique d’une salle, dont des fragments ont été retrouvés en 1992–1993, a été daté du IIe siècle apr. J.-C. par comparaison.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Olaf E. Kaper et Klaas A. Worp, « Dipinti on the temenos wall at Deir el-Haggar (Dakhla Oasis) », BIFAO 99, Institut français d’archéologie orientale ; Anna Lucille Boozer, « Archaeology on Egypt’s Edge: Archaeological Research in the Dakhleh Oasis, 1819–1977 », Ancient West & East 12, 2013, Institute for the Study of the Ancient World (NYU) ; The Dakhleh Oasis Project, Netherlands Institute for the Near East, université de Leyde.