Deir el-Hagar, temple d’Amon : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Deir el-Hagar, temple d’Amon
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Le temple de Deir el-Hagar se trouve à l’extrémité ouest de l’oasis de Dakhla, dans le désert occidental égyptien ; il porte le numéro 33/390-F9-1 dans l’inventaire du Dakhleh Oasis Project. À l’ouest, le relief tabulaire que Gerhard Rohlfs baptisa Gebel Edmonstone ferme l’horizon ; à l’est, la nécropole d’El-Muzawwaqa a livré des inhumations de béliers de plusieurs espèces. Le monument, un temple de grès entouré d’une enceinte de briques crues, était consacré à Amon-Rê, dieu principal du lieu, et Thoth y était également vénéré.

De Néron à Hadrien : un chantier impérial

Les cartouches permettent de suivre le chantier règne par règne. Le mur du fond de la salle du sanctuaire fut décoré au nom de Néron, ce qui situe le début de la construction sous son règne (54–68 apr. J.-C.). La salle du sanctuaire fut achevée au nom de Vespasien, dont les cartouches figurent sur le mur sud. Sous Titus, la façade du temple, qui devint ensuite le mur arrière du pronaos, reçut quatre scènes d’offrande sur le linteau de sa porte et un bandeau d’inscription au nord. Sous Domitien, le pronaos fut achevé, avec des reliefs sur les murs extérieurs et les corniches, et des décors furent ajoutés à plusieurs portes intérieures ainsi qu’à la porte de l’enceinte. Enfin, un support de barque en grès portant un grand cartouche d’Hadrien a été retrouvé lors du dégagement récent. Une stèle votive bilingue, grecque et égyptienne, du règne de Vespasien (Musée égyptien du Caire, JE 51943) proviendrait de l’arrière du temple ; une dédicace grecque fragmentaire du IIIe siècle, découverte par Ahmed Fakhry puis complétée par huit fragments, se dressait le long du dromos, à l’intérieur de la porte principale de l’enceinte.

Plan et plafond astronomique

La première description précise est celle de Sir Archibald Edmonstone, en février 1819. L’édifice, orienté est-ouest, mesurait selon lui 51 pieds 4 pouces sur 24 pieds 8 pouces (environ 15,6 × 7,5 m). En façade, un portique de huit colonnes, dont trois seulement restaient debout ; puis une salle portée par quatre piliers, une pièce de même largeur, nue hormis un disque ailé au-dessus de la porte, et trois pièces parallèles, la centrale formant l’adyton, encore couvertes et noircies par les lampes. Une enceinte de briques crues, à une vingtaine de mètres, s’ouvrait par une porte de pierre dans l’axe de l’entrée.

Le plafond astronomique, dont de nouveaux fragments ont été retrouvés en 1992–1993, a été entièrement reconstitué par Olaf E. Kaper dans le Journal of Egyptian Archaeology (vol. 81, 1995). Il est daté par comparaison du IIe siècle apr. J.-C. ; il met en valeur l’opposition du soleil et de la lune et présente une version locale des douze dieux des mois lunaires.

Une fête d’Amon-Rê au mois de Tybi

Le dégagement a révélé, juste au sud de la porte principale de l’enceinte, une porte secondaire dont les montants conservaient un enduit couvert de dipinti, relevés par Kaper en 1993 : proskynèmes grecs, signatures d’un aulète et d’un joueur de syrinx, d’un pastophore d’Isis, figures divines. Un dessin fond Amon-Rê et Thoth en un Sarapis panthée ; un autre oppose le bélier d’Amon-Rê au babouin de Thoth. Deux textes sont datés de Tybi, l’un de l’an 5 ou 6 (ou 15 ou 16) d’Antonin le Pieux ; la stèle de Vespasien portant elle aussi la date du 1er Tybi, Kaper et Worp y voient une grande fête d’Amon-Rê au début de ce mois, inconnue des papyrus.

Voyageurs, fouilleurs et restaurateurs

Après Edmonstone, Bernardino Drovetti et Frédéric Cailliaud passèrent à Dakhla en 1819–1820. En février 1874, l’expédition de Gerhard Rohlfs fit dégager par P. Remelé, en quatre jours et avec cinquante ouvriers, le sanctuaire et la salle des offrandes, première fouille de l’oasis ; Lepsius transcrivit et décrivit les inscriptions et reliefs mis au jour, et les noms de l’équipe restent gravés dans le pronaos. Herbert E. Winlock, venu en 1908, publia le décor en 1936. Ahmed Fakhry fouilla devant le pronaos en 1972–1973, et le Dakhleh Oasis Project prospecta les abords en 1978. De 1992 à 1995, ce projet, avec le Conseil suprême des antiquités, dégagea et consolida le temple. Au printemps 1998, une partie des dipinti fut perdue.

Sources principales

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Olaf E. Kaper et Klaas A. Worp, « Dipinti on the temenos wall at Deir el-Haggar (Dakhla Oasis) », BIFAO 99, Institut français d’archéologie orientale ; Anna Lucille Boozer, « Archaeology on Egypt’s Edge: Archaeological Research in the Dakhleh Oasis, 1819–1977 », Ancient West & East 12, 2013, Institute for the Study of the Ancient World (NYU) ; Olaf E. Kaper, « Emperor Names in Dakhleh Oasis », 2012 (tiré à part de l’auteur).

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