Identification et localisation
Kôm el-Dikka se trouve au centre d’Alexandrie, près de la gare principale. Son nom arabe, « la colline des décombres », désigne le monticule qui recouvrait le site. En 1960, lors de travaux prévus pour un projet immobilier, on y découvrit un quartier urbain de l’époque romaine et byzantine, qui fut dès lors fouillé et aménagé pour la visite. C’est aujourd’hui l’un des rares endroits où l’on peut parcourir les rues de la ville antique.
Le théâtre
Le monument le plus connu est un petit théâtre, souvent appelé odéon, dont les gradins de marbre dessinent un fer à cheval. Construit à l’époque romaine tardive et remanié à plusieurs reprises, il a pu servir aux concerts, aux lectures publiques ou aux réunions de la cité. La question de sa couverture, peut-être une toiture ou une coupole, reste discutée.
Thermes, rues et maisons
Autour du théâtre s’étendaient de grands thermes publics, alimentés par des citernes, des rues à colonnades, des boutiques et des maisons. L’une d’elles, la « villa des oiseaux », construite dans les premiers siècles de notre ère, doit son nom à une mosaïque représentant différentes espèces d’oiseaux ; elle est protégée sous un abri et ouverte au public.
Les salles d’enseignement
Plus d’une vingtaine de salles aux gradins disposés en U, alignées le long d’un portique près des thermes, ont été interprétées comme des auditoires. Datées de la fin de l’Antiquité, elles témoignent de l’activité intellectuelle d’Alexandrie, qui restait un grand centre d’enseignement de la philosophie, de la médecine et de la rhétorique. Leur découverte a renouvelé l’image de l’école d’Alexandrie, connue surtout par les textes.
Les époques suivantes
Après l’Antiquité, le quartier fut abandonné et recouvert de déblais. Une nécropole musulmane s’y installa au Moyen Âge, et ses tombes ont été fouillées au-dessus des niveaux antiques. Cette superposition illustre la longue histoire de la ville.
Fouilles et état de conservation
Depuis 1960, le Centre polonais d’archéologie méditerranéenne de l’université de Varsovie fouille, étudie et restaure le site, en collaboration avec les autorités égyptiennes. Les recherches portent sur la chronologie des édifices, sur l’identification des auditoires et sur l’évolution du quartier entre l’époque romaine et le Moyen Âge.
Sources principales
Sources (consultées le 28 septembre 2026) : Centre polonais d’archéologie méditerranéenne, Kôm el-Dikka.
