← Alexandrie

Alexandrie, colonne de Dioclétien dite colonne de Pompée : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Alexandrie, colonne de Dioclétien dite colonne de Pompée
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

La colonne dite « de Pompée » se dresse sur la colline du Sarapéion, dans le quartier de Karmouz, au sud-ouest d’Alexandrie. C’est l’un des rares monuments antiques encore debout dans la ville, et le plus haut. Elle domine un site archéologique qui conserve les vestiges du grand sanctuaire de Sérapis.

Le monument

La colonne, en granite rouge d’Assouan, mesure près de 27 m de hauteur avec sa base et son chapiteau corinthien. Son fût monolithe, d’une vingtaine de mètres, est l’un des plus grands du monde antique : son extraction, son transport depuis Assouan et son érection représentaient un exploit technique. Elle portait sans doute à l’origine une statue de l’empereur, aujourd’hui disparue.

L’inscription et la datation

Une inscription grecque gravée sur la base indique que la colonne a été dédiée à l’empereur Dioclétien par le préfet d’Égypte, à la fin du IIIe siècle apr. J.-C. Elle commémore probablement la reprise d’Alexandrie par Dioclétien, en 298, après la révolte de Domitius Domitianus, et les distributions de blé qui suivirent. Le nom de Pompée vient d’une tradition médiévale erronée, qui y voyait le tombeau du général romain assassiné en Égypte en 48 av. J.-C.

Le Sarapéion

La colline portait le Sarapéion, temple de Sérapis, dieu gréco-égyptien promu par les Ptolémées. Des plaques de fondation retrouvées sur place attribuent sa construction à Ptolémée III, au IIIe siècle av. J.-C. ; il fut ensuite reconstruit à l’époque romaine. Le sanctuaire abritait une bibliothèque, parfois appelée « bibliothèque fille » de la grande Bibliothèque d’Alexandrie. En 391 apr. J.-C., sous le patriarche Théophile, le temple fut détruit par les chrétiens, un épisode qui marqua la fin des grands cultes païens de la ville.

Les vestiges visibles

Autour de la colonne subsistent des fondations, des galeries souterraines creusées dans la roche, qui servaient peut-être au culte ou au stockage, un nilomètre et plusieurs sphinx de granite, dont certains d’époque ptolémaïque ont été replacés près du monument.

État de conservation et questions de recherche

Une photographie isolée de la colonne ne montre pas la densité de ce quartier religieux. Les recherches portent sur la topographie du Sarapéion, sur ses phases ptolémaïque et romaine et sur la fonction des galeries souterraines.

Sources principales

Sources (consultées le 28 septembre 2026) : Ministère égyptien, Alexandrie.

← Revenir à la découverte