Zahi Hawass naît en Égypte en 1947. Il étudie d’abord l’archéologie grecque et romaine à l’université d’Alexandrie, puis entre dans l’administration égyptienne des antiquités comme inspecteur. Le travail de terrain change son orientation. Dans une fouille, il faut apprendre à observer les couches, à protéger les objets et à coordonner des personnes aux compétences différentes. Il poursuit ensuite sa formation aux États-Unis et obtient un doctorat à l’université de Pennsylvanie. Ce parcours entre études, chantiers et service public façonne un archéologue qui associera recherche, administration et communication avec une intensité peu commune.
À la fin des années 1980, Hawass prend des responsabilités à Gizeh et Saqqara. Le plateau de Gizeh n’est pas seulement un ensemble de pyramides photographiées par les visiteurs. Il comprend des tombes, des lieux de travail, des carrières et des bâtiments dont la protection demande une présence quotidienne. Avec des équipes égyptiennes et des partenaires étrangers, il participe à des recherches autour des nécropoles et du Sphinx. Les découvertes concernant les tombes des bâtisseurs contribuent à déplacer l’attention des rois vers les personnes qui ont travaillé à proximité des grands monuments. Leur interprétation exige de comparer architecture, inscriptions et restes matériels.
Cette activité s’inscrit dans une période où l’archéologie égyptienne affirme davantage sa maîtrise des autorisations, des collections et des sites. Hawass défend souvent publiquement le rôle des chercheurs égyptiens. Il réclame aussi le retour de plusieurs antiquités conservées à l’étranger. Ces positions sont liées à une longue histoire d’extraction des objets et de répartition inégale de l’autorité scientifique. Elles suscitent des débats sur le droit, la conservation et la provenance. Une déclaration publique ne remplace pas l’étude précise de chaque dossier ; elle peut néanmoins rendre visibles des questions que les récits anciens d’exploration avaient laissées de côté.
En 2002, Hawass devient secrétaire général du Conseil suprême des antiquités. La fonction lui donne une responsabilité étendue sur les fouilles, les monuments et leur présentation. Il soutient des chantiers de conservation et de nouvelles recherches, tout en apparaissant très souvent dans les médias. Livres, conférences et émissions donnent à des millions de personnes accès à l’histoire égyptienne. Cette visibilité aide à mobiliser l’intérêt et des moyens. Elle comporte aussi un risque : le nom du porte-parole peut couvrir le travail des inspecteurs, restaurateurs, ouvriers, photographes et spécialistes qui produisent les données de terrain.

Les campagnes auxquelles il prend part concernent plusieurs régions, de Gizeh à la vallée des Rois et aux oasis. Les annonces de découvertes doivent toujours être replacées dans le travail d’une mission et dans ses publications. Une tombe ou un objet attire l’attention au moment de sa mise au jour ; l’étude scientifique continue longtemps après, par la conservation, le relevé et la comparaison. Hawass participe également à la médiatisation de recherches sur les momies royales et les méthodes d’imagerie. Les résultats de ces projets reposent sur des équipes médicales et archéologiques ; ils ne peuvent être attribués à une seule personnalité.
En 2011, au milieu du bouleversement politique égyptien, un ministère des Antiquités est créé et Hawass en prend la tête pour une partie de l’année. Sa place dans l’administration et sa proximité avec le pouvoir précédent suscitent des critiques. D’autres professionnels expriment leurs inquiétudes sur les emplois, la protection des sites et la concentration des décisions. Ces controverses font partie de l’histoire récente du patrimoine égyptien. Il serait inexact de les effacer, comme il serait réducteur de résumer plusieurs décennies de recherches à ces seuls mois. Après son départ de la fonction publique, il poursuit des fouilles, des publications et des interventions publiques.
Sa capacité à attirer l’attention mondiale sur l’Égypte reste considérable. Elle doit être distinguée de l’autorité des preuves. Une hypothèse annoncée à la télévision ou dans une conférence ne devient pas un fait établi tant que les données et les méthodes ne peuvent être examinées. Hawass a aussi contribué à faire comprendre que les sites égyptiens sont administrés par l’Égypte et que leur avenir concerne directement ses habitants. Dans ce cadre, la formation de nouveaux chercheurs et la conservation de la documentation sont aussi importantes que la découverte d’un monument. Les décisions patrimoniales engagent une responsabilité qui dépasse la carrière d’un chercheur.

Les travaux sur les tombes des bâtisseurs, les chantiers de Gizeh et les recherches récentes à Saqqara montrent la diversité des projets auxquels son nom est associé. L’archéologie égyptienne contemporaine est pourtant l’œuvre d’institutions et d’équipes nombreuses. Les résultats les plus solides sont ceux qui gardent visibles les co-auteurs, les personnels de terrain et les incertitudes. La présence publique de Hawass peut servir cette compréhension lorsqu’elle ouvre la porte aux publications et aux archives ; elle l’appauvrit lorsqu’elle transforme une enquête collective en récit d’un seul homme.
Zahi Hawass occupe ainsi une place singulière dans l’histoire de la découverte de l’Égypte ancienne. Son parcours montre comment la recherche, la gestion des antiquités, la souveraineté nationale et les médias se rencontrent dans une même carrière. Il a contribué à faire connaître des sites et à défendre leur importance, tout en suscitant des discussions sur la manière de gouverner et de raconter l’archéologie. Le lecteur peut retenir cette double leçon : les vestiges demandent une enquête rigoureuse, et la personne la plus visible n’est jamais la seule à les étudier ou à les protéger.
Note sur la reconstitution. Ce récit biographique synthétise les sources citées. Les trois dessins sont des reconstitutions artistiques, ni des photographies d’époque ni des portraits documentaires attestant une ressemblance.
Sources
- https://sis.gov.eg/en/egypt/egyptian-figures/zahi-hawass/
- https://archive.archaeology.org/online/features/hawass/
- https://www.smithsonianmag.com/history/the-fall-of-zahi-hawass-32319337/
- https://egymonuments.gov.eg/en/news/renowned-egyptologist-zahi-hawass-selected-as-unwto-ambassador-for-responsible-tourism/
