Ramsès II, entre monuments et mémoire

Évocation à l’aquarelle du sujet ; aucune restitution archéologique exacte.

Ramsès II a laissé tant de monuments et d’inscriptions que son nom paraît présent partout en Égypte. Cette abondance parle de son règne, mais aussi de la manière dont il a voulu inscrire sa mémoire dans le paysage.

Construire, inscrire, réemployer

Le souverain de la XIXe dynastie fait édifier ou décorer des temples dans plusieurs régions. À Abou Simbel, en Nubie, le grand temple est taillé dans le rocher. La façade et les salles intérieures associent le roi aux divinités et au territoire qu’il gouverne. Ailleurs, ses cartouches apparaissent sur des monuments neufs ou remaniés : il faut donc examiner chaque inscription dans son contexte avant de lui attribuer la construction entière d’un bâtiment.

Les récits officiels de la bataille de Qadech montrent également le travail de mémoire royale. Ils mettent en avant l’action du roi ; l’histoire des relations avec les Hittites se reconstitue en croisant ces textes avec d’autres sources.

Photographie horizontale du grand temple d’Abou Simbel
Le grand temple d’Abou Simbel, déplacé au XXe siècle lors de la construction du haut barrage d’Assouan. Photothèque © DR. Charles Rossignol

Les couleurs d’un monument

Les reliefs anciens n’étaient pas toujours laissés dans la teinte de la pierre. Des pigments minéraux et synthétiques, dont des ocres et le bleu égyptien, pouvaient animer décors et inscriptions. Les couleurs visibles aujourd’hui varient selon les lieux, l’exposition et les restaurations. Une illustration moderne doit donc distinguer une palette vraisemblable d’une restitution exacte fondée sur des analyses du monument concerné.

Ramsès II est un sujet idéal pour interroger la distance entre l’image royale, les vestiges matériels et la mémoire moderne qui a fait de lui l’un des pharaons les plus connus.