Hathor
Hathor est une grande déesse de l’Égypte ancienne, dont le nom signifie « maison d’Horus ». On la rencontre sous la forme d’une vache, d’une femme portant des cornes entourant un disque solaire ou d’un visage aux oreilles bovines. Son domaine dépasse la seule maternité : elle est liée à la musique, à la fête, à la royauté, à la naissance et à l’accueil des morts. Le riche dossier iconographique du projet montre bien cette diversité, qu’il faut replacer dans les sources anciennes.
Dendéra et les autres lieux de culte
Le grand centre de Hathor était Dendéra, en Haute-Égypte. Le temple que l’on y voit aujourd’hui témoigne d’un culte long et complexe, même si son architecture visible appartient surtout aux périodes tardives. Des fêtes reliaient Dendéra à Edfou, où Horus était vénéré. La géographie des sanctuaires donnait forme aux relations entre dieux : voyage, rencontre et retour pouvaient devenir des événements rituels.
Hathor était honorée bien au-delà de Dendéra. Le Global Egyptian Museum mentionne notamment la Nubie, Byblos et le Sinaï. À Serabit el-Khadim, près des mines de turquoise, elle portait le titre de « Dame de la turquoise ». Cette présence sur les routes et dans les lieux d’extraction rappelle que les divinités accompagnaient aussi les voyages, le travail et la recherche de matières précieuses. Elle n’était pas limitée à la famille royale ou aux cérémonies d’un seul temple.
Musique, joie et protection
Le sistre, instrument que l’on secoue pour produire un son, est étroitement associé à Hathor. Certains sistres portent son visage à oreilles de vache. La musique et la danse faisaient partie de pratiques rituelles ; elles exprimaient la joie et participaient au culte. Le collier ménat est un autre objet lié à son univers. Ces attributs expliquent pourquoi l’illustration contemporaine du dossier BD insiste sur les couleurs, les bijoux et la présence lumineuse de la déesse.
Hathor est aussi une puissance maternelle et nourricière. Sous forme de vache, elle peut allaiter un souverain ; dans certains contextes, elle protège la naissance. Sa relation à Horus et à la royauté n’est pourtant pas une généalogie unique que l’on appliquerait partout. Le nom de la déesse, les titres de « mère » et les scènes de temple remplissent des fonctions théologiques différentes selon les époques. Isis peut même reprendre une coiffe à cornes et disque solaire : l’attribut seul ne suffit donc pas toujours à identifier la figure.
Une déesse pour les morts
Dans les tombes, Hathor peut apparaître comme une vache surgissant de la montagne de l’Ouest, proche du monde funéraire. Elle accueille et nourrit le défunt, par exemple sous la forme d’une divinité associée à un arbre qui offre eau et fraîcheur. Le dossier du projet insiste sur cette image de guide bienveillante. Les scènes antiques montrent surtout des gestes précis d’offrande et de régénération ; elles ne décrivent pas un itinéraire uniforme que suivrait chaque âme.
Sa douceur a aussi un envers redoutable. Dans une version du récit de la destruction des humains, la déesse en colère est apaisée par de la bière rougie qui ressemble au sang. Cette histoire la rapproche des autres formes de l’Œil de Rê, dont Sekhmet. Elle rappelle qu’une protectrice peut devenir dangereuse si l’équilibre du monde est rompu. Réduire Hathor à la beauté ou à l’amour effacerait cette part de sa puissance.
Notre dessin retient la coiffe à cornes et disque solaire, le corps humain et les attributs rituels. C’est une porte d’entrée dans un répertoire plus vaste : vache entière, visage sur un instrument, déesse d’arbre ou figure léonine. À travers ces formes, Hathor relie des expériences humaines aussi différentes que la naissance, la célébration et le passage vers l’au-delà.
Sources et repères
Le dossier 012-Hathor a servi de base à la lecture de l’image ; les fonctions et les lieux de culte sont vérifiés dans les notices suivantes.
À découvrir aussi
