← Dieux et déesses

Bastet

Bastet est l’une des divinités félines les plus reconnaissables de l’Égypte ancienne. Son image de chatte ou de femme à tête de chatte évoque aujourd’hui la douceur du foyer. Les sources antiques lui donnent pourtant une personnalité plus riche : elle protège, se réjouit de la musique et peut aussi manifester la puissance dangereuse d’une déesse solaire. Son grand centre de culte était Bubastis, dans le Delta du Nil. Pour la comprendre, il faut regarder ensemble les objets, les fêtes et l’évolution de ses représentations.

De la lionne à la chatte

Les images de Bastet n’ont pas toujours eu la même apparence. Les représentations anciennes peuvent lui donner une tête de lionne ; l’apparence de chatte devient particulièrement familière dans les périodes plus récentes. Cette évolution iconographique ne raconte pas simplement le passage d’une déesse violente à une déesse inoffensive. Les qualités protectrices et redoutables d’une puissance féline peuvent coexister. Une mère chatte défend ses petits, et la lionne impose sa force : ces animaux offraient plusieurs manières de penser une même présence divine.

Bastet est parfois rapprochée de Sekhmet, autre déesse féline à tête de lionne. Les deux ne doivent pas pour autant être fondues en une seule figure. Les rapprochements changent selon les époques et les lieux. La notice du Global Egyptian Museum rappelle l’association de Bastet au pouvoir solaire et à la protection. Lorsqu’un texte ou une image fait intervenir l’Œil de , il faut examiner le contexte précis avant d’attribuer à Bastet tous les récits de cette figure divine.

Bubastis, la ville de Bastet

Le principal sanctuaire de Bastet se trouvait à Bubastis, appelée aussi Per-Bastet, « maison de Bastet ». La ville était située dans le Delta oriental. Son nom montre à quel point le culte de la déesse pouvait structurer l’identité d’un lieu. Temples, offrandes et objets votifs y rendaient sa présence visible. Le culte n’était cependant pas enfermé dans une seule cité : des figurines de Bastet et des amulettes félines ont été trouvées dans différentes régions d’Égypte.

Des auteurs grecs ont décrit une grande fête à Bubastis, avec des déplacements en bateau, de la musique et une foule nombreuse. Leur témoignage est précieux, mais il reflète le regard d’observateurs extérieurs et une époque particulière. Il ne permet pas de reconstituer à lui seul toute l’histoire du festival. La musique et la joie conviennent néanmoins à une déesse que les objets de culte montrent fréquemment avec un sistre, instrument que l’on rencontre aussi dans l’univers d’Hathor.

Une protection proche des humains

Les petites images de Bastet circulaient bien au-delà des grands temples. Une statuette ou une amulette pouvait accompagner des souhaits de santé, de fécondité et de sécurité. Cette présence dans les maisons et parmi les effets personnels aide à comprendre sa popularité. Elle ne signifie pas que chaque chat vivant était une incarnation individuelle de la déesse. Il faut distinguer l’animal familier, l’animal lié à un sanctuaire et l’image divine fabriquée pour un usage rituel.

Les chats momifiés constituent un autre témoignage de son culte. Certains étaient déposés comme offrandes, dans un système religieux et économique qui a varié au fil du temps. Une nécropole animale n’est donc pas seulement le signe d’une affection moderne pour les chats. Elle renseigne sur les pratiques votives, l’organisation des sanctuaires et les relations entre fidèles et divinité. Les objets conservés dans les musées permettent d’étudier la matière et la forme de ces dévotions.

Lire son image

Sur l’illustration de cette fiche, Bastet apparaît debout avec une tête féline, un sistre et des bijoux colorés. Le dessin reprend des attributs faciles à reconnaître sans prétendre représenter toutes les variantes anciennes. Dans l’art égyptien, une chatte assise, une femme à tête de chatte ou une figure plus léonine peuvent toutes évoquer Bastet selon le contexte. Le nom écrit près d’une image, son lieu de découverte et l’objet qui la porte restent décisifs pour l’identifier.

La déesse réunit ainsi plusieurs échelles de la vie religieuse : la ville qui porte son nom, la fête collective, l’objet offert au temple et l’amulette gardée près de soi. Son succès durable tient peut-être à cette capacité de faire dialoguer joie et vigilance. Bastet protège un espace vivant ; sa douceur n’efface jamais entièrement la force du félin.

Sources et repères

Le dossier BD a servi de point de départ pour l’illustration. Les indications historiques sont rapprochées des notices muséales suivantes.

À découvrir aussi

Retour à l’index du panthéon

Bastet en pied, à tête de chatte, tenant un sistre
Évocation contemporaine de Bastet, déesse féline ; © C.Rossignol