Identification et localisation
Le temple de Louxor, appelé Ipet-résyt ou « sanctuaire du Sud », s'élève dans l'ancienne Thèbes, à environ trois kilomètres au sud de Karnak. La fiche 069 s'attache surtout au noyau bâti sous Aménophis III, au XIVe siècle avant notre ère. Il ne faut pas attribuer à ce roi l'intégralité du temple visible : un sanctuaire plus ancien est lié à Hatchepsout, et les cours, le pylône et d'autres décors appartiennent à des souverains postérieurs. L'orientation de l'ensemble répond à sa relation rituelle avec Karnak plutôt qu'à un schéma est-ouest uniforme.
Présentation générale
Le cœur du temple d'Aménophis III comprend des espaces intérieurs, une salle à colonnes et une cour entourée de colonnes. En avant s'élève la grande colonnade de deux rangées de sept colonnes monumentales. La procession venue de Karnak empruntait la voie bordée de sphinx qui reliait les deux sanctuaires. Lire le temple du fond vers l'entrée actuelle peut inverser sa chronologie : les constructions ramessides devant la colonnade sont plus récentes que le noyau d'Aménophis III. L'édifice est donc un ensemble stratifié, dont la monumentalité actuelle résulte de plusieurs règnes.
Monuments et vestiges
Dans les salles intérieures, les scènes dites de la naissance divine présentent Amon-Rê comme père du roi, sous l'apparence de Thoutmosis IV. Elles fondent symboliquement la légitimité d'Aménophis III ; elles ne doivent pas être lues comme un récit biographique au sens moderne. La cour à colonnes et la grande colonnade organisent le passage vers l'intérieur sacré. Les reliefs de la fête d'Opet dans la colonnade furent achevés sous Toutankhamon et Horemheb, après la construction de cet espace. À l'avant, Ramsès II ajouta sa cour et son pylône. Un des deux obélisques installés devant ce pylône se trouve aujourd'hui à Paris ; l'autre demeure à Louxor.
Chronologie et phases de construction
La plus ancienne structure encore conservée est attribuée à Hatchepsout. Aménophis III réalisa le noyau principal et la colonnade ; le décor de la fête d'Opet se poursuivit sous ses successeurs. Ramsès II transforma l'approche du temple par une cour, un pylône, des statues et des obélisques. À la fin du IIIe siècle de notre ère, un fort romain fut aménagé autour du sanctuaire. Une salle intérieure reçut alors un décor peint lié à Dioclétien et à ses collègues, sur un enduit qui couvrait des reliefs plus anciens. Une description du temple doit donc distinguer au moins ces phases et ne pas présenter tous les espaces comme un projet achevé sous Aménophis III.
Histoire et fonctions
Ipet-résyt était une destination majeure de la fête d'Opet. Les images cultuelles d'Amon, de Mout et de Khonsou quittaient Karnak pour rejoindre le dieu Amenemopet à Louxor. Cette circulation explique l'orientation vers le nord et la valeur des parcours et des seuils. Les images de naissance divine relient en outre le culte à l'affirmation de la royauté. Plus tard, les ajouts de Ramsès II et l'occupation romaine modifièrent les accès et les usages. Le temple ne se résume ni à une salle de colonnade ni à un monument construit pour un seul festival : ses fonctions et ses décors évoluèrent sur une longue durée.
Fouilles et histoire de la recherche
L'étude du bâtiment combine relevés architecturaux, lecture des reliefs et observation des reprises de maçonnerie. La notice du ministère égyptien distingue clairement l'œuvre d'Aménophis III, le décor postérieur de la colonnade, les ajouts de Ramsès II et la phase romaine. Cette méthode chronologique évite d'interpréter le temple à partir de la seule façade actuelle. Les travaux de conservation des peintures romaines rappellent qu'une paroi peut porter plusieurs états superposés. Les rapports entre parcours antique et visite moderne demandent eux aussi attention : une partie de ce qui guide aujourd'hui le regard correspond à des seuils et à des dégagements restaurés.
État de conservation et questions de recherche
Les colonnes et certaines maçonneries subsistent en élévation, mais les décors ont subi pertes, recouvrements et restaurations. La peinture romaine conservée sur enduit est un état historique du temple, même lorsqu'elle masque un relief pharaonique. L'un des obélisques de Ramsès II a quitté son emplacement au XIXe siècle. Les questions portent sur la lecture des phases de chaque cour et sur la manière de présenter ensemble la fête d'Opet, la théologie royale et les réemplois romains. Toute restitution de la construction d'Aménophis III doit écarter visuellement le pylône et la cour de Ramsès II ou les signaler comme ajouts ultérieurs.
Sources principales
Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, « Luxor Temple », consulté le 28 septembre 2026 : https://egymonuments.gov.eg/monuments/luxor-temple/. Les attributions de phases et le nombre de colonnes de la grande colonnade suivent cette notice officielle.
