
En quelques mots
Médamoud, l’antique Madou, est la plus septentrionale des villes du dieu Montou dans la région thébaine. Le village actuel se trouve à environ quatre kilomètres au nord-est de Karnak, sur les vestiges de la ville antique. Le temple dont les ruines sont visibles relève surtout des époques ptolémaïque et romaine, mais il occupe un lieu de culte bien plus ancien. L’Institut français d’archéologie orientale (Ifao) y a reconnu des structures du Nouvel Empire, agrandies à l’époque gréco-romaine, et des monuments du Moyen Empire. Il faut donc distinguer le temple tardif que l’on voit des sanctuaires antérieurs que l’archéologie reconstitue.
Ce que l’on découvre
Le site ne se limite pas à l’enceinte du temple : le kôm antique couvre environ quinze hectares, et les premiers fouilleurs n’ont exploré qu’une petite partie de cet ensemble. Deux missions de l’Ifao ont travaillé ici : celle de Fernand Bisson de la Roque de 1925 à 1932, puis celle de Clément Robichon de 1933 à 1940. Bisson de la Roque a mis au jour des centaines de blocs décorés des XIIe et XIIIe dynasties, réemployés par Thoutmosis III dans une plateforme de fondation. Les fouilleurs ont aussi identifié les traces d’un temple bâti sous Sésostris III, souverain de la XIIe dynastie.
Son histoire
Sous les fondations se trouve une construction en briques crues que les premiers fouilleurs ont appelée « temple primitif ». Sa forme, sa date et sa fonction ont été débattues, et Félix Relats Montserrat a repris les archives des fouilles de 1938–1939 pour réexaminer ce bâtiment. Le chantier a été rouvert en 2011, d’abord sous la direction de D. Valbelle, puis de Félix Relats Montserrat. Depuis 2015, les recherches portent sur les quartiers urbains et artisanaux situés hors de l’enceinte ; elles ont livré des ateliers de production de céramique des XXVe et XVIIIe dynasties. Le temple est ainsi replacé dans son environnement urbain, au lieu d’être considéré isolément.
Ce qu’il faut regarder
La porte dite de Tibère, érigée sous Auguste et décorée sous son successeur, est l’un des éléments les plus visibles du site ; l’Ifao rappelle qu’elle reste largement inédite, ce qui fait de sa lecture un travail encore en cours. Les blocs de remploi de la plateforme de Thoutmosis III méritent aussi l’attention : ils conservent des fragments de décor des XIIe et XIIIe dynasties, mais ils ont été retirés de leur position initiale, et on ne peut donc pas les replacer avec certitude dans un mur précis du temple de Sésostris III. Ils montrent comment un même lieu a été reconstruit plusieurs fois avec les pierres de ses états antérieurs.
Pourquoi ce lieu compte
Médamoud permet d’étudier ensemble un sanctuaire et la ville qui l’entourait. Les fouilles récentes cherchent à comprendre les relations entre un temple thébain et son tissu urbain, à partir de céramiques, d’archives anciennes et de secteurs restés longtemps inexplorés.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Médamoud, Ifao ; Opération scientifique 17144 (Médamoud), Ifao.