Tôd, sanctuaire de Montou

Illustration du site Tôd, sanctuaire de Montou
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Tôd, l’antique Djerty, que les sources nomment aussi Tuphium, est un site de la région thébaine, au sud de Thèbes, où s’élevait un sanctuaire du dieu Montou. Les vestiges les plus anciens solidement attribués à un temple remontent à Montouhotep II, au début du Moyen Empire ; Montouhotep III poursuivit les travaux. Sésostris Ier fit ensuite élever un nouveau bâtiment, dont il subsiste une partie de la façade, des fragments dispersés et des éléments de montants de porte en granit. Le lieu ne se présente donc plus comme un temple complet, mais comme un site de blocs et de textes qu’il faut interpréter.

Ce que l’on découvre

La façade de Sésostris Ier portait une longue inscription royale. Elle évoque notamment les troubles liés à la mort d’Amenemhat Ier, père du roi. Ce texte est une source de premier ordre sur la représentation politique du règne, mais il ne raconte pas les événements de façon neutre et ne livre pas à lui seul le plan entier du sanctuaire. Des blocs relevés sur le site permettent d’étudier le décor et les reprises successives. L’Institut français d’archéologie orientale (Ifao) a conduit des missions à Tôd de 2000 à 2007. Le visiteur voit surtout des pierres, parfois réemployées, et non un édifice debout.

Ce qu’il faut regarder

Le détail le plus parlant tient moins à un mur qu’à un dépôt. Le 8 février 1936, Fernand Bisson de la Roque découvrit à Tôd des coffres rectangulaires à couvercle coulissant, au nom d’Amenemhat II. Le Louvre, qui conserve une partie de cet ensemble, y dénombre plus de 190 pièces : coupes, lingots de métal précieux, bijoux, sceaux-cylindres et scarabées. Les matières sont d’une grande variété : argent, cuivre, bleu égyptien, cornaline, cristal de roche, améthyste, turquoise, obsidienne et lapis-lazuli. Cette variété suggère des échanges à longue distance, sans permettre de retracer un itinéraire unique pour chaque objet. Sur place, il faut donc regarder les fondations et les blocs en pensant à ce dépôt, enfoui sous le sanctuaire.

Son histoire

Le trésor date le contexte de son enfouissement, vers 1900–1865 av. J.-C. selon le Louvre, non la fabrication de chaque objet : un sceau ou une coupe peut être plus ancien que le coffre qui le contient. Après la découverte, le partage entre l’Égypte et la France envoya une partie de l’ensemble à Paris, où l’acquisition fut approuvée le 29 octobre 1936. Les objets ne sont aujourd’hui plus rassemblés sur le site, ce qui oblige à distinguer la trouvaille et son lieu d’origine. Le sanctuaire connut ensuite des transformations. À l’époque chrétienne, une église fut établie à l’emplacement du temple de Sésostris Ier et réemploya beaucoup de ses pierres, ce qui a brouillé la lecture des murs du Moyen Empire, tout en conservant parfois des fragments dans une autre construction.

Pourquoi ce lieu compte

Tôd associe trois types de témoignage rares sur un même point : un texte royal monumental, un dépôt de fondation d’une richesse exceptionnelle et les traces d’une longue occupation religieuse. Plusieurs questions restent ouvertes : la forme exacte du plan de Sésostris Ier, le sens du dépôt dans les fondations et l’origine de chaque matière. La prudence s’impose devant toute reconstitution trop complète.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Tôd, fiche du site, Institut français d’archéologie orientale ; Trésor de Tôd, collections du musée du Louvre.