Vallée des Reines, tombe de Néfertari

Illustration du site Vallée des Reines, tombe de Néfertari
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

La tombe de Néfertari, QV66, se trouve dans la Vallée des Reines, sur la rive occidentale de Thèbes. Néfertari était l’épouse de Ramsès II, et l’UNESCO cite sa tombe avec celle de Touy, mère de Ramsès II, parmi les sépultures remarquables de cette vallée. Ses peintures, vieilles d’environ 3 200 ans, comptent parmi les plus célèbres de l’Égypte ancienne, et aussi parmi les plus fragiles.

Ce que l’on découvre

Ce que l’on découvre ici est avant tout un ensemble de peintures murales, et non une architecture monumentale. Le Getty Conservation Institute, qui mena le projet de conservation, souligne que le traitement des peintures fut limité à la consolidation et au nettoyage, afin de préserver l’intégrité historique du lieu. Ce que voit le visiteur est donc, autant que possible, le décor d’origine, avec ses altérations, et non une version repeinte. La fragilité de ces surfaces, due à la manière dont elles ont été exécutées, explique l’attention portée à la tombe.

Son histoire

Ernesto Schiaparelli ouvrit la tombe en 1904. Il y vit déjà des peintures endommagées, conséquence, d’après le Getty Conservation Institute, de la manière dont elles avaient été exécutées. Dans les décennies suivantes, la dégradation s’accéléra, surtout à cause de la négligence et du vandalisme des visiteurs ; dans les années 1980, au moins un cinquième des peintures avait disparu. De 1986 à 1992, le Getty Conservation Institute mena, avec l’Organisation égyptienne des antiquités, une campagne de six ans : évaluation de l’état, analyses, traitements d’urgence puis conservation. Elle comprenait aussi la formation de restaurateurs égyptiens et étrangers.

Ce qu’il faut regarder

Une scène suffit à s’en faire une idée : Néfertari assise dans une chapelle, jouant au senet, un jeu de plateau. Le Getty la reproduit en tête de la présentation de son projet (cliché de Guillermo Aldana). Il faut ensuite regarder la couleur : ce qui se voit est le décor ancien, consolidé et nettoyé, non une restitution moderne. Les lacunes, là où la peinture est perdue, restent visibles.

Pourquoi ce lieu compte

La tombe de Néfertari est devenue un cas d’école de la conservation des peintures murales. La méthode de diagnostic mise au point pendant le projet peut s’appliquer à d’autres sites, et une exposition de 1992, organisée avec le J. Paul Getty Museum, a rendu compte du travail accompli. Le Getty publia aussi en 1993 Art and Eternity, consacré à cette campagne, puis en 1996 House of Eternity. Le Getty conserve aussi les archives du projet, dont un instrument de recherche a été publié en 2023. Cette documentation dessine aussi les limites de notre connaissance : savoir comment la tombe était peinte et ce qu’elle a perdu reste un travail en cours.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Tomb of Nefertari, Getty Conservation Institute ; Thèbes antique et sa nécropole, UNESCO, Centre du patrimoine mondial.