Vallée des Reines, nécropole royale

Illustration du site Vallée des Reines, nécropole royale
Aquarelle d’après la photographie de référence fournie : entrées des tombes et chemins de la Vallée des Reines.

En quelques mots

Sur la rive ouest de Thèbes, la Vallée des Reines fut un lieu d’inhumation d’abord pour des fonctionnaires, puis pour des épouses, des filles et des fils de rois, de la XVIIIe à la XXe dynastie, soit environ de 1550 à 1080 av. J.-C. selon le Getty Conservation Institute. Son nom actuel ne dit donc pas toute son histoire. Les premières sépultures sont discrètes ; les tombes décorées des dynasties suivantes montrent une autre étape de l’usage de la vallée.

Ce que l’on découvre

Les tombes les plus anciennes sont de simples puits verticaux, sans inscription. Plus tard apparaissent des tombes à plusieurs chambres, avec rampe d’entrée et riche décor peint. La tombe de Néfertari, épouse de Ramsès II, est la plus célèbre, mais elle ne représente pas toutes les tombes. L’UNESCO cite aussi Touy, mère de Ramsès II, parmi les reines de la vallée. Les chemins des artisans de Deir el-Médineh, les vestiges de leurs huttes et les traces d’une occupation copte rappellent que la vallée appartenait à un paysage plus vaste et qu’elle a servi à différentes époques.

Ce qu’il faut regarder

La comparaison entre deux types de tombes est le meilleur outil d’observation. D’un côté, un puits et une chambre nus, qui ne nomment personne ; de l’autre, une tombe ramesside aux parois peintes, comme celle de Néfertari, où le décor accompagne le défunt dans l’au-delà. Le contraste donne la mesure du changement : l’anonymat des premiers occupants, qu’on ne retrouve que par les objets, face aux noms et aux images que la XIXe dynastie a fait inscrire. L’entrée en rampe et la multiplication des salles sont les signes à repérer.

Son histoire

La place croissante de la famille royale changea l’architecture et le décor des tombes. Beaucoup furent ensuite pillées ou réemployées. L’archéologue italien Ernesto Schiaparelli, actif dans la vallée au début du XXe siècle, y découvrit de nombreuses tombes, dont celle de Néfertari en 1904. Entre 1986 et 1992, le Getty Conservation Institute et les autorités égyptiennes étudièrent et consolidèrent ses peintures ; un programme plus large examina ensuite la conservation de toute la vallée.

Pourquoi ce lieu compte

La vallée appartient à « Thèbes antique et sa nécropole », inscrite à l’UNESCO en 1979. Elle montre que les pratiques funéraires royales n’étaient pas immuables. Les tombes simples, les chambres peintes et les usages plus tardifs racontent une histoire plus longue que celle de Néfertari seule. Les crues et la fragilité des décors imposent aujourd’hui une protection qui concerne aussi les tombes peu visibles.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Significance of the Valley, Getty Conservation Institute ; Thèbes antique et sa nécropole, UNESCO.