Identification et localisation
La Vallée des Reines est un ensemble de vallons de la rive occidentale thébaine, au sein de la nécropole de l'ancienne Thèbes. Son nom moderne suggère une nécropole réservée aux épouses royales ; les sépultures montrent pourtant une histoire plus large, de la XVIIIe à la XXe dynastie. Le Getty Conservation Institute distingue les premières inhumations de personnes proches de la cour et les tombes postérieures d'épouses, de filles et de fils de rois. Cette évolution interdit de dater ou d'attribuer une tombe à partir du seul nom de la vallée.
Présentation générale
La vallée n'est pas un monument unique mais un paysage funéraire composé d'entrées, de puits, de chambres taillées dans la roche et de traces d'occupation ultérieure. Les tombes de la XVIIIe dynastie sont souvent anonymes, sans inscription ni décor, avec un puits vertical et une chambre. À partir de la XIXe dynastie, le patronage royal s'affirme et les parcours à plusieurs chambres, accessibles par une descenderie, reçoivent parfois un décor peint développé. La tombe de Néfertari, épouse de Ramsès II, illustre cette phase ramesside ; elle ne fournit pas le plan type de toute la nécropole.
Monuments et vestiges
Les espaces funéraires changent selon leur époque et leur destinataire. Un puits et une chambre peu ornée ne transmettent pas les mêmes informations qu'une tombe dont les murs portent des textes et des figures du voyage dans l'au-delà. L'identité des premières personnes inhumées dépend des objets et des contextes archéologiques conservés, car beaucoup de tombes ne nomment personne. Les chemins utilisés par les artisans de Deir el-Médineh relient la vallée au reste de la montagne thébaine ; le sanctuaire de Ptah et de Meretseger, ainsi que des restes de huttes, témoignent de leur présence. Les traces d'un monastère copte et des réemplois de tombes appartiennent à d'autres moments de l'histoire du lieu.
Chronologie et phases de construction
L'emploi funéraire de la vallée s'étend principalement de la XVIIIe à la XXe dynastie. Il ne faut pas traiter cette longue durée comme un chantier continu : chaque tombe résulte d'un creusement et, parfois, de transformations propres. Les monuments anciens à puits précèdent l'essor des tombes royales décorées aux XIXe et XXe dynasties. Le réemploi pendant la Troisième Période intermédiaire, puis aux époques romaine et copte, a modifié certains espaces. Les peintures aujourd'hui visibles, surtout dans les tombes ramessides, ne décrivent donc ni l'état de toutes les sépultures anciennes ni l'ensemble des usages successifs de la vallée.
Histoire et fonctions
La vallée complète la Vallée des Rois sans en être une simple annexe. Les changements dans le choix des personnes inhumées éclairent la place des membres de la famille royale, notamment des femmes, dans les pratiques funéraires du Nouvel Empire. Les images et les textes des tombes décorées accompagnent le passage du défunt dans l'au-delà ; leur programme doit toutefois être étudié tombe par tombe. Les réoccupations postérieures montrent que les chambres creusées ont continué d'être accessibles et utiles après la fin de leur fonction initiale. Les objets déplacés par les pillages ou les fouilles anciennes rendent délicate toute attribution fondée sur une découverte isolée.
Fouilles et histoire de la recherche
Ernesto Schiaparelli a exploré la vallée au début du XXe siècle et découvert en 1904 la tombe de Néfertari. L'importance de ses peintures a longtemps attiré l'attention sur ce seul monument, alors que les tombes moins spectaculaires sont indispensables à la chronologie de l'ensemble. Entre 1986 et 1992, le Getty Conservation Institute et les autorités égyptiennes ont étudié et consolidé les peintures de Néfertari. Un autre programme, mené de 2006 à 2011, a évalué les risques pour l'ensemble du site et préparé des mesures de protection des tombes, de gestion des visiteurs et de drainage. Ces travaux distinguent l'observation archéologique ancienne des interventions de conservation récentes.
État de conservation et questions de recherche
Les crues soudaines ont introduit eau et sédiments dans plusieurs tombes ; instabilité de la roche, sels, réemplois, chauves-souris et fréquentation ont également affecté les surfaces peintes. Le Getty signale que des travaux de protection et de conservation ont été planifiés, mais que leur mise en œuvre a été partiellement interrompue après 2011. Pour la tombe de Néfertari, l'intervention de 1986 à 1992 a privilégié nettoyage et consolidation des peintures plutôt qu'une restitution imaginaire de parties perdues. Un décor restauré doit donc être lu avec son histoire matérielle. Les principales questions portent sur l'identification des tombes anonymes, la succession des usages et la manière de protéger la nécropole entière, y compris ses vestiges moins visités.
Sources principales
Getty Conservation Institute, « Significance of the Valley » et « Valley of the Queens » ; Getty Conservation Institute, « Tomb of Nefertari ». Pages consultées le 28 septembre 2026 : https://www.getty.edu/projects/valley-of-queens/significance-of-the-valley/ ; https://www.getty.edu/projects/valley-of-queens/ ; https://www.getty.edu/projects/tomb-nefertari/.
