Ouadi es-Seboua, temple de Ramsès II

Illustration du site Ouadi es-Seboua, temple de Ramsès II
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

À Ouadi es-Seboua, Ramsès II fit édifier un temple dédié à Amon-Rê et à Rê-Horakhty. Il se trouve aujourd’hui à la Nouvelle Ouadi es-Seboua, à 4 km au nord-ouest de son emplacement d’origine, sur la rive occidentale du Nil en Basse Nubie. Son déplacement résulte de la construction du haut barrage d’Assouan, dans les années 1960, qui menaçait de le recouvrir par les eaux.

Ce que l’on découvre

Le temple était précédé d’une avenue de sphinx, d’où le nom arabe du lieu, et combinait une partie construite, en avant, avec des salles creusées dans la roche. Cette association d’une façade en blocs et d’un sanctuaire rupestre caractérise plusieurs temples nubiens du règne. Les sphinx ne sont pas un simple décor : ils organisent l’approche du sanctuaire, par étapes, depuis l’espace ouvert jusqu’aux salles intérieures.

Le site actuel réunit trois monuments d’époques différentes, ce que l’UNESCO rappelle en décrivant le regroupement du temple de Ramsès II avec ceux de Dakka et de Maharraqa. Selon le ministère égyptien, le temple de Dakka, d’époque gréco-romaine, est dédié à Thot, et celui de Maharraqa, d’époque romaine, au couple formé par Isis et Sérapis. Le visiteur passe ainsi, en quelques dizaines de mètres, du Nouvel Empire à l’époque romaine.

Ce qu’il faut regarder

Le détail le plus parlant est la position des trois temples les uns par rapport aux autres. Dans l’Antiquité, ils n’étaient pas voisins de cette façon : leur proximité actuelle est le résultat du sauvetage, qui a rassemblé sur une même hauteur des monuments dispersés le long du fleuve. Le promeneur regardera donc l’implantation du temple de Ramsès II comme celle d’un édifice déplacé, sans chercher à y lire la géographie cultuelle d’origine.

Il observera aussi la transition entre la partie avant, bâtie, et la partie arrière, taillée dans la falaise. Les blocs démontés et remontés, comme les parties découpées, relèvent du même travail de sauvetage, mais la lecture des surfaces ne se fait pas de la même manière : les unes sont des assises d’un mur, les autres des parois de roche.

Son histoire

Le temple s’inscrit dans le réseau des sanctuaires que le roi fit établir en Nubie pour associer le culte des dieux de l’État à celui du souverain. Chacun répondait pourtant à une situation locale, et l’idée d’un modèle unique de « temple nubien de Ramsès » effacerait ces différences. Comme dans d’autres temples de Nubie, la partie rupestre a été transformée en église à l’époque chrétienne, preuve de la longue réutilisation du lieu.

Les sources consultées ne permettent pas de dire comment se déroulaient les cérémonies dans l’avenue ni quel paysage de fleuve entourait le temple : le site actuel ne conserve plus cet environnement. Il faut séparer ce qui est visible aujourd’hui, ce que montrent les photographies antérieures au déplacement et ce que l’on suppose des abords disparus.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Temples de Ouadi es-Seboua, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae, UNESCO ; Sauvegarde des monuments de Nubie, UNESCO.