Dakka, temple de Thot

Illustration du site Dakka, temple de Thot
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Le temple de Dakka, l’antique Pselkis, s’élevait sur la rive occidentale du Nil, en Basse Nubie, et honorait Thot de Pnoubs, un dieu dont le nom renvoie à un lieu situé bien plus au sud, près de Kerma, à la hauteur de la troisième cataracte. Son noyau ancien est une petite chapelle décorée sous le roi méroïtique Ergamène II, que l’on appelle aussi Arqamani. Les souverains lagides, puis Auguste, l’ont agrandie et décorée à leur tour. Le monument a été démonté puis remonté à Ouadi es-Seboua entre 1962 et 1968, pendant la campagne internationale de sauvegarde des monuments de Nubie.

Ce que l’on découvre

Le temple suit un axe nord-sud, parallèle au fleuve. On aborde d’abord le pylône, large de 24,31 mètres et haut de 11,62 mètres, dont la surface est en grande partie restée sans décor. Une chaussée d’environ 55 mètres de long sur 5 de large précédait l’édifice ; elle contenait des blocs du Nouvel Empire réemployés, preuve que des pierres plus anciennes avaient servi au chantier. Derrière la porte, le pronaos se distingue par ses deux colonnes en façade et l’absence de supports à l’intérieur : les architraves dépassent six mètres de longueur. Plus loin, la chapelle primitive, d’un seul tenant, ne mesure que 5 mètres sur 6,8, avec une corniche à gorge, et le sanctuaire romain abrite un naos de granit rouge.

Son histoire

Les phases de construction se lisent par souverains. Ptolémée IV Philopator (221–205 av. J.-C.) fit bâtir la porte et une grande salle, décorées avec son épithète « celui qui aime son père ». Ergamène II (vers 218–190 av. J.-C.) décora la chapelle à pièce unique et confirma le décret du Dodécaschène, cette province frontière qui s’étendait au sud d’Assouan. Ptolémée VIII Évergète II orna la façade du pronaos. Auguste ajouta le sanctuaire romain et décora les murs intérieurs du pronaos ; Tibère fit redécorer le linteau de l’entrée. Le temple fut relevé et publié par Roeder, qui y travailla en 1910, avec des volumes parus en 1913 et 1930. Le déplacement des années 1960 a sauvé l’ensemble de la montée des eaux, mais il a replacé le temple dans un paysage qui n’est plus le sien.

Ce qu’il faut regarder

Le mur arrière porte une fausse porte monumentale, de 2,53 mètres sur 4 ; une entrée plus tardive a été percée à travers elle afin d’atteindre le naos. Cette ouverture montre à elle seule que le temple a été remanié après sa conception. Sur les parois, plus de cent graffiti grecs et latins, relevés par Ruppel en 1930, et environ quatre-vingt-dix graffiti démotiques rappellent la fréquentation des pèlerins. Sur la tour ouest du pylône, un graffito en cursive méroïtique, daté du Ier siècle av. J.-C., signale la présence de visiteurs venus du sud. L’origine exacte de chaque graffito et la part des commanditaires nubiens dans les choix du décor restent en partie discutées.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : El-Dakka (Pselchis), Encyclopédie d’égyptologie de l’UCLA ; Temples de Ouadi es-Seboua, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae, UNESCO.