Kalabsha, temple de Mandoulis

Illustration du site Kalabsha, temple de Mandoulis
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Le temple de Kalabsha, que l’UNESCO désigne sous le nom de temple de Talmis, en Basse Nubie, fut bâti sous le règne d’Auguste (30 av. J.-C.–14 apr. J.-C.), premier empereur de Rome. Il était consacré avant tout au dieu nubien Mandoulis ; Isis et son époux Osiris y recevaient également un culte. Selon le ministère égyptien, il a été déplacé en 1962–1963 de l’île de Kalabsha vers l’île de la Nouvelle-Kalabsha, afin d’échapper à la montée des eaux provoquée par le haut barrage d’Assouan. Il figure depuis 1979 au patrimoine mondial avec les autres monuments de Nubie.

Ce que l’on découvre

Le plan suit la succession habituelle des grands temples tardifs : un pylône monumental, une cour à ciel ouvert, une salle hypostyle, deux salles d’offrandes transversales, puis le sanctuaire où reposait l’image du dieu. Les colonnes sont élancées et largement espacées, ce que le ministère interprète comme une influence de la tradition gréco-romaine. Les inscriptions sont écrites en méroïtique et en grec, deux langues qui disent que le lieu était fréquenté par des populations de Nubie et par des locuteurs venus du monde méditerranéen. Elles ne suffisent pas à dater chaque texte : un mur peut avoir été construit à une époque et gravé plus tard.

Son histoire

Mandoulis était une divinité nubienne à part entière, honorée dans un cadre architectural égyptien sous domination romaine ; il n’est pas une simple variante d’Isis. La présence de l’empereur dans l’idéologie du temple prolonge la tradition des pharaons, avec des cultes locaux intégrés à la religion officielle. À l’époque chrétienne, le sanctuaire fut utilisé comme église : des croix gravées sur ses parois signalent ce changement d’usage et les débuts du christianisme dans la région. Le déplacement de 1962–1963, conduit dans le cadre de la campagne de l’UNESCO menée entre 1960 et 1980, a sauvé la maçonnerie, mais il a modifié le voisinage, l’orientation perçue et le rapport au fleuve.

Ce qu’il faut regarder

Au sud-ouest du grand temple, une chapelle partiellement creusée dans le rocher est dédiée à Dedoun, autre dieu nubien ; son emplacement à l’écart de l’axe principal rappelle que plusieurs cultes coexistaient sur le même site. Au nord-est, une petite chapelle, probablement construite par Ptolémée IX au IIe siècle av. J.-C., est plus ancienne que l’édifice augustéen et ne doit pas lui être attribuée. Sur les murs du grand temple, il faut chercher les croix chrétiennes gravées sur la pierre, qui dessinent une dernière couche d’occupation. Les restaurations modernes et les blocs remontés comblent certaines lacunes, et les archives du sauvetage restent nécessaires pour distinguer ce qui est antique de ce qui est moderne.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Temple de Kalabsha, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae, UNESCO ; The Rescue of Nubian Monuments and Sites, UNESCO.