Identification et localisation
Le temple de Kalabsha, l’antique Talmis, est selon le ministère égyptien le plus grand temple isolé de Basse Nubie. Il était consacré au dieu nubien Mandoulis, avec Isis et Osiris. Il se trouvait à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Assouan ; au début des années 1960, il a été démonté et remonté sur le site de la Nouvelle-Kalabsha, près du haut barrage.
Architecture et décor
Le temple suit la succession habituelle des temples de l’époque gréco-romaine : un pylône, une cour à portiques, une salle hypostyle, des salles transversales d’offrandes et le sanctuaire. Le ministère égyptien relève l’influence gréco-romaine dans les colonnes élancées et leur large espacement. Une chapelle au sud-ouest était consacrée à Dédoun, autre dieu nubien.
Le décor, resté en partie inachevé, montre l’empereur en pharaon faisant offrande aux divinités. Les inscriptions sont en hiéroglyphes, en grec et en méroïtique.
Chronologie et phases de construction
Le temple actuel a été construit sous Auguste, entre 30 av. J.-C. et 14 apr. J.-C., à l’emplacement d’un sanctuaire plus ancien d’époque ptolémaïque. Une porte monumentale de cet édifice antérieur, découverte lors du démontage, a été offerte par l’Égypte à la République fédérale d’Allemagne, en remerciement de sa participation au sauvetage ; elle est conservée à Berlin.
Histoire et fonctions
Mandoulis, dieu solaire nubien, était honoré dans un cadre égyptien, sous domination romaine. Plusieurs textes grecs témoignent de la vie du temple et de la région : un décret d’un administrateur romain de la région, au IIIe siècle, ordonne d’éloigner les porcs du sanctuaire, et une longue inscription du roi Silko, souverain des Nobades au Ve ou au VIe siècle, célèbre ses victoires. Le temple a ensuite été transformé en église, comme en témoignent les croix gravées sur les murs.
État de conservation et questions de recherche
Le démontage a été confié à une équipe ouest-allemande. Il a permis de sauver le temple, mais il a modifié son orientation perçue et son rapport au fleuve. Les archives du sauvetage aident à identifier les blocs déplacés et les compléments modernes. Le site de la Nouvelle-Kalabsha réunit aujourd’hui d’autres monuments sauvés, dont Beit el-Ouali et des éléments de Guerf Hussein.
Sources principales
Sources (consultées le 28 septembre 2026) : Ministère égyptien, temple de Kalabsha ; UNESCO, Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae ; UNESCO, campagne internationale de sauvegarde des monuments de Nubie.
