Guerf Hussein, temple de Ramsès II

Illustration du site Guerf Hussein, temple de Ramsès II
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Guerf Hussein, ou Gerf Husein, était un temple rupestre de Ramsès II en Basse Nubie, sur la rive occidentale du Nil. L’UNESCO le compte parmi les monuments menacés par la montée des eaux dues au haut barrage d’Assouan. Il fait partie de la poignée d’exceptions : à la différence de la plupart des temples de Nubie, il n’a pas été démonté puis remonté ailleurs.

Ce que l’on découvre

Le temple était un hémispéos : une partie construite devant une partie creusée dans la falaise, selon une formule que l’on retrouve dans d’autres monuments nubiens du règne. La visite n’offre donc pas l’expérience d’un temple complet. Ce qui a pu être conservé ne restitue pas le trajet d’origine, de la cour aux salles rupestres puis au sanctuaire.

L’UNESCO précise que, avec trois exceptions, les monuments menacés ont été démontés, découpés et transportés vers un autre site. Ces exceptions sont le temple de Guerf Hussein, les chapelles de Qasr Ibrim et le temple d’Abou Oda. Le cas de Guerf Hussein illustre donc les limites de la campagne internationale : le monument a échappé au schéma général du démontage et du remontage.

Ce qu’il faut regarder

Le détail à retenir est moins visuel qu’historique : c’est l’absence. L’UNESCO range le temple dans la liste des monuments menacés, puis dans celle des exceptions. La présence d’éléments de ce temple à la Nouvelle Kalabsha, parfois évoquée, n’a pas pu être confirmée par les sources consultées, et elle doit être vérifiée avant toute affirmation.

Pour juger de ce qui a disparu, il faut se tourner vers la documentation établie avant la mise en eau : relevés, plans, photographies. Elle est la seule trace de l’organisation des salles rupestres.

Son histoire

Le temple s’inscrit dans la série des fondations de Ramsès II en Nubie, où le roi associe les dieux de l’État à son propre culte. Les présentations traditionnelles y soulignent la place de Ptah, plus importante que dans d’autres sanctuaires du règne ; les sources consultées ici ne suffisent pas à détailler le programme religieux. Cette prudence vaut aussi pour la chronologie : le temple est rattaché au règne de Ramsès II, sans que les phases du chantier soient connues par ces sources.

Le sort du monument tient à un choix de sauvegarde. Les temples déplacés ont été conservés, mais au prix d’une rupture avec leur paysage. Guerf Hussein montre l’autre face de ce bilan : un temple dont l’essentiel n’a pas pu être soustrait à l’eau, connu aujourd’hui par ses images plus que par ses pierres. Toute présentation du temple complet doit distinguer ce qui relève de la documentation ancienne de ce qui relève des vestiges encore visibles.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Sauvegarde des monuments de Nubie, UNESCO ; Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae, UNESCO.