Amada, temple de Thoutmosis III et d’Amenhotep II

Illustration du site Amada, temple de Thoutmosis III et d’Amenhotep II
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Le temple d’Amada fut bâti en Nubie à la XVIIIe dynastie et dédié à deux divinités, Amon-Rê et Rê-Horakhty. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités y voit l’œuvre de trois générations royales : Thoutmosis III et son fils Amenhotep II posèrent le noyau de l’édifice, Thoutmosis IV ajouta la salle hypostyle qui le précède, et la XIXe dynastie y apporta des compléments mineurs. Menacé par la montée du lac Nasser, le temple fut déplacé d’environ 2,5 kilomètres, à Nouvelle-Amada.

Ce que l’on découvre

On aborde le temple par sa salle hypostyle, ajout de Thoutmosis IV, que le ministère qualifie de gracieuse. Derrière elle se succèdent les parties plus anciennes, jusqu’au sanctuaire. Les parois montrent le roi en situation rituelle devant différents dieux, et en particulier devant les deux divinités titulaires du temple. La salle d’entrée porte, selon la même source, un texte relatif aux campagnes de Mérenptah, souverain de la XIXe dynastie, dont l’intervention est pourtant tardive par rapport au noyau du monument.

Ce qu’il faut regarder

Le mur du fond du sanctuaire porte une inscription d’Amenhotep II relatant une campagne victorieuse au Levant. Ce texte, gravé dans la partie la plus sacrée du temple, fait passer l’exploit militaire du roi dans l’espace du culte et montre que le sanctuaire était aussi un lieu de mémoire royale. Il faut le regarder en le distinguant de celui de Mérenptah, placé à l’entrée : plus d’un siècle sépare les deux textes, et ils ne disent pas la même chose du pouvoir.

Le second détail tient à la matière du décor. Les reliefs sont remarquablement bien conservés parce qu’un enduit les a protégés lorsque le temple fut transformé en église. Cette couche, qui masquait les scènes païennes, les a en réalité préservées. Les surfaces visibles aujourd’hui doivent donc leur état à un changement de religion.

Son histoire

Amada figure parmi les éléments du bien « Monuments de Nubie, d’Abou Simbel à Philae », inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1979. L’UNESCO précise que le temple fut construit sous Thoutmosis III et Amenhotep II. Une campagne internationale, conduite de 1960 à 1980, permit de sauver ces monuments de l’inondation provoquée par le haut barrage d’Assouan. Amada en fait partie : son déplacement d’environ 2,5 kilomètres le place désormais à Nouvelle-Amada.

La visite d’aujourd’hui associe donc deux chronologies. L’édifice date du Nouvel Empire, avec ses transformations successives et son réemploi chrétien ; son emplacement résulte d’une décision du XXe siècle. Le terrain qui l’entoure n’est plus celui où il fut construit, et la lecture de son orientation ou de son paysage d’origine doit en tenir compte.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Amada Temple, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Monuments de Nubie, d’Abou Simbel à Philae, UNESCO, Centre du patrimoine mondial.