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Amada, temple de Thoutmosis III et d’Amenhotep II : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Amada, temple de Thoutmosis III et d’Amenhotep II
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Le temple d'Amada est un sanctuaire du Nouvel Empire construit à l'origine en Nubie égyptienne, puis transféré à Nouvelle-Amada lors du sauvetage des monuments menacés par le lac Nasser. Le site de remontage accueille aussi le temple d'el-Derr et la tombe de Pennout, monuments distincts qu'il ne faut pas confondre avec Amada. Selon le ministère égyptien, le temple actuel se trouve à environ 2,5 kilomètres de son emplacement ancien. Le lieu visité aujourd'hui conserve donc un édifice antique dans un paysage moderne différent de son contexte d'origine.

Présentation générale

Amada est l'un des temples les plus anciens préservés dans la région du lac Nasser. Le noyau fut bâti sous Thoutmosis III et Aménophis II, à la XVIIIe dynastie. Thoutmosis IV ajouta une salle hypostyle devant les espaces plus anciens ; des modifications suivirent à la XIXe dynastie. Cette succession de règnes explique pourquoi le bâtiment ne peut être attribué à un seul commanditaire. Le plan se lit suivant un axe de salles et de passages vers le sanctuaire, avec un avant-corps ajouté.

Monuments et vestiges

Les reliefs montrent le roi accomplissant des rites devant Amon-Rê et Rê-Horakhty, les deux divinités auxquelles le temple était dédié. À côté de ces scènes, les inscriptions donnent d'autres informations historiques. Aménophis II fit graver sur le mur arrière du sanctuaire un récit de campagne en Asie ; une inscription de Mérenptah apparaît sur l'épaisseur gauche d'une porte. Ces textes appartiennent à des moments différents de l'histoire du temple. Les peintures et les reliefs sont remarquablement conservés en partie parce qu'une couche d'enduit les recouvrit lorsque le bâtiment fut transformé en église. Cette protection a modifié l'apparence des parois tout en préservant des surfaces antiques.

Chronologie et phases de construction

Les premières salles relèvent du milieu de la XVIIIe dynastie, sous Thoutmosis III et Aménophis II. La salle hypostyle de Thoutmosis IV forme une extension postérieure. Des interventions sous la XIXe dynastie comprennent notamment l'inscription de Mérenptah. La conversion chrétienne constitue une autre phase d'usage, reconnaissable à l'enduit qui recouvrit le décor. Enfin, le déplacement des années 1960 répond à la construction du haut barrage d'Assouan. Il faut donc distinguer la date des reliefs, celle des transformations religieuses et celle du remontage : aucun de ces épisodes ne décrit à lui seul l'édifice actuel.

Histoire et fonctions

Le sanctuaire servait au culte d'Amon-Rê et de Rê-Horakhty en Nubie. Les scènes de présentation du souverain à ces dieux relient le rite local à la royauté du Nouvel Empire. Les inscriptions de campagne associent aussi le monument à la représentation du pouvoir militaire, sans transformer l'ensemble du temple en chronique historique. Son réemploi en église témoigne d'une continuité d'occupation et d'un changement profond des pratiques cultuelles. Depuis le sauvetage, la fonction du bâtiment est patrimoniale : sa conservation in situ à Nouvelle-Amada ne signifie pas que l'orientation, les abords et les autres monuments voisins reproduisent exactement le site antique.

Fouilles et histoire de la recherche

Les inscriptions et les reliefs d'Amada ont été copiés et étudiés avant le sauvetage nubien, ce qui permet de comparer l'état ancien et le remontage. La campagne internationale liée au haut barrage a regroupé plusieurs monuments à Nouvelle-Amada afin d'éviter leur submersion. Le ministère égyptien distingue explicitement le temple d'Amada, celui d'el-Derr et la tombe de Pennout sur le site actuel. Pour étudier les phases de construction, les relevés des maçonneries et des décors sont plus sûrs qu'une image d'ensemble. Les comparaisons doivent préciser si elles portent sur l'emplacement d'origine, l'état avant transfert ou la présentation restaurée aujourd'hui.

État de conservation et questions de recherche

Le décor relativement bien conservé ne signifie pas que toutes les couches et tous les espaces sont intacts. L'enduit de la phase chrétienne, les démontages, les restaurations et les joints du remontage appartiennent à l'histoire matérielle du temple. Les questions de recherche concernent la succession exacte des campagnes de construction, la lecture des inscriptions et l'effet du déplacement sur la compréhension du paysage cultuel. Une carte doit montrer séparément l'ancien site d'Amada et Nouvelle-Amada ; un plan du bâtiment doit distinguer noyau de la XVIIIe dynastie et ajouts ultérieurs. Le lecteur ne doit pas prendre une restitution pédagogique pour un relevé métrique de fouille.

Sources principales

Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, « Amada Temple » et « Amada Temples », pages consultées le 28 septembre 2026 : https://egymonuments.gov.eg/monuments/amada-temple/ ; https://egymonuments.gov.eg/archaeological-sites/amada-temples/. La distinction entre site d'origine et lieu de remontage suit ces notices officielles.

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