
En quelques mots
Le temple d’al-Derr, ou Derr, est un temple rupestre de Ramsès II. Son nom antique, selon le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, était « le temple de Ramsès aimé d’Amon dans le domaine de Rê ». Démonté en 1964, il se trouve aujourd’hui à la Nouvelle Amada, à environ 160 km au sud d’Assouan, près du temple d’Amada.
Ce que l’on découvre
Le plan comprend deux salles à piliers successives, qui conduisent à un sanctuaire. Au fond, quatre figures taillées dans la roche représentent Ptah, Rê-Horakhty, Ramsès II divinisé et Amon-Rê. Ce dispositif rappelle celui du grand temple d’Abou Simbel, à une échelle plus modeste.
Le site de la Nouvelle Amada regroupe trois monuments sauvés : le temple d’Amada, le temple de Derr et la tombe de Pennout. Amada, construit par Thoutmosis III et Amenhotep II au XVe siècle av. J.-C., appartient à la XVIIIe dynastie ; Derr date de Ramsès II, au XIIIe siècle av. J.-C. Leur voisinage actuel est le résultat du sauvetage moderne : les monuments ont été démontés et remontés à quelques kilomètres de leurs emplacements d’origine.
Ce qu’il faut regarder
Le détail le plus net est la couleur. Selon le ministère égyptien, les reliefs de la seconde salle à piliers ont gardé des couleurs d’une vivacité remarquable. Il faut les observer de près : elles donnent une idée de ce que pouvait être la polychromie des temples ramessides, dont la plupart des monuments ne conservent aujourd’hui que la pierre nue.
On lira aussi la répartition des thèmes. Dans la première salle figurent des scènes des campagnes militaires du roi ; la plupart des autres reliefs montrent Ramsès II accomplissant des rites devant les dieux. Cette bonne conservation concerne les surfaces de cette salle, non nécessairement l’ensemble du temple.
Son histoire
Le temple a été transformé en église à une époque postérieure, comme plusieurs sanctuaires de Nubie. Cette réutilisation est un rappel utile : l’état actuel d’un monument est le produit de siècles d’usages, et pas seulement du projet de ses constructeurs.
Le déplacement de 1964 a sauvé le décor, mais il a rompu le lien avec la falaise d’origine, sur la rive droite du fleuve. Le temple a été transporté de l’autre côté du Nil pour échapper à la submersion due au haut barrage d’Assouan. Les quatre figures du sanctuaire expriment le statut divinisé du roi sans faire du temple un tombeau. Une scène de guerre ou un nom royal ne suffit pas à fixer chaque phase de décoration, et les sources consultées ne précisent pas la chronologie interne du chantier.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Temple d’al-Derr, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Temples d’Amada, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae, UNESCO.