Abou Simbel, petit temple de Néfertari

Photographie du site Abou Simbel, petit temple de Néfertari
Photographie © C.Rossignol.

En quelques mots

Le petit temple d’Abou Simbel fut édifié par Ramsès II pour la déesse Hathor et pour Néfertari, sa grande épouse royale. Il se dresse à quelque distance au nord du grand temple, sur le même escarpement de la rive occidentale du Nil, en Basse Nubie. Comme son voisin, il appartient au bien « Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae », inscrit au patrimoine mondial en 1979.

Ce que l’on découvre

La façade porte six statues debout, dont deux figurent la reine, taillées dans la roche. Elles encadrent l’entrée et placent le couple royal à l’échelle du paysage. À l’intérieur, une salle à piliers hathoriques précède des pièces plus profondes et le sanctuaire dédié à la déesse. Les scènes montrent Néfertari en présence des divinités et du roi, dans un rôle rituel que l’iconographie lui reconnaît sans l’élever au rang de souverain régnant.

Le temple a subi le même sort que le grand : il a été déplacé en 1968, avec lui, dans le cadre de la campagne internationale dirigée par l’UNESCO. Les deux monuments se trouvent aujourd’hui à 64 m au-dessus de leur ancien site, sur une colline aménagée pour les recevoir. Le lien visuel entre eux, dicté par le relief d’origine, a ainsi été reconstitué avec soin.

Ce qu’il faut regarder

Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités souligne un détail précis : les colosses de Néfertari ont la même taille que ceux de son époux, ce qui constitue un exemple très rare pour une reine. Il suffit de comparer, sur la façade, la hauteur des figures féminines à celle des figures royales pour mesurer la portée du choix. Dans l’art égyptien, l’épouse est d’ordinaire représentée à une échelle réduite, à la jambe du roi ; ici, l’égalité de taille est un message délibéré.

On observera aussi les petites figures, d’enfants royaux, qui se tiennent entre les grandes statues. Leur échelle, volontairement modeste, fait ressortir encore davantage la monumentalité du couple. Cette lecture est celle de la composition visible ; elle ne dit pas ce que les contemporains de Ramsès II en pensaient.

Son histoire

Hathor est au centre du culte du lieu, associée à la reine dans un programme qui célèbre à la fois la protection divine et la fonction de l’épouse royale. Le qualificatif « petit » est relatif : il oppose ce temple au grand, non à la qualité de son programme. Les deux édifices se répondent : le grand temple honore le roi parmi les dieux de l’État, le petit temple met en avant la déesse et la reine. Cette mise en regard est une lecture moderne, fondée sur les dédicaces et le décor, et non un plan énoncé dans un texte antique.

Il ne faut pas en conclure que Néfertari partageait le pouvoir de Ramsès II. Les images honorent son rôle rituel et dynastique ; elles ne portent pas d’autre revendication. La valeur du monument tient à cette manière, rare pour l’époque, d’afficher publiquement la place de la reine aux côtés du roi, sur une frontière où l’Égypte se donnait à voir.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Abou Simbel, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Working Together: Abu Simbel, UNESCO, Centre du patrimoine mondial ; Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae, UNESCO.