Abou Simbel, grand temple de Ramsès II

Photographie du site Abou Simbel, grand temple de Ramsès II
Photographie © C.Rossignol.

En quelques mots

Le grand temple d’Abou Simbel est un temple rupestre de Ramsès II, taillé dans un escarpement de roche dure de la rive occidentale du Nil, à environ 280 km au sud d’Assouan. Sa façade est dominée par quatre colosses assis du roi, hauts de 21 m. Le sanctuaire réunit quatre figures : Amon-Rê, Rê-Horakhty, Ptah et Ramsès II divinisé. Le chantier date du XIIIe siècle av. J.-C. ; le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités situe l’achèvement vers 1264 av. J.-C.

Ce que l’on découvre

Le monument se présente d’abord comme une façade creusée dans la falaise, sans cour ni pylône construits devant elle. Derrière la porte, de grandes statues colossales debout bordent la salle principale, puis le parcours s’enfonce vers le sanctuaire, dans l’axe de l’entrée. Cette progression de la lumière vers l’obscurité est la structure même du temple égyptien, ici inscrite dans la roche plutôt que bâtie en blocs.

Le visiteur d’aujourd’hui n’est pourtant pas devant l’emplacement d’origine. Lors de la campagne de sauvegarde des monuments de Nubie, plus d’un millier de blocs, pesant chacun environ 30 tonnes, ont été numérotés, mis en réserve puis remontés à 64 m au-dessus de l’ancien site et à 180 m à l’intérieur des terres. Le démontage a commencé en novembre 1963 et le monument a été inauguré à son nouvel emplacement le 22 septembre 1968. L’opération a coûté 80 millions de dollars américains, dont la moitié a été fournie par une cinquantaine de pays.

Ce qu’il faut regarder

Au pied de la façade, les fragments d’un des quatre colosses rappellent qu’il s’est effondré dès l’Antiquité, à la suite de dommages attribués à un séisme : la façade actuelle n’est donc pas celle de l’inauguration sous Ramsès II, et le relevé de ses dégâts fait partie de son histoire.

Le second détail tient à la lumière. Deux jours par an, le 22 février et le 22 octobre selon le ministère égyptien, les rayons du soleil pénètrent dans le temple, traversent la grande salle et éclairent les statues du fond. L’UNESCO décrit le même phénomène aux équinoxes, ce qui montre que la formulation est approximative. Les sources consultées ne disent pas si les dates étaient les mêmes avant le déplacement de 1963-1968, ni quelle valeur exacte les constructeurs donnaient à cet alignement ; il faut donc parler d’une orientation remarquable sans en faire une preuve astronomique.

Son histoire

Le temple appartient à la politique de Ramsès II en Nubie, région où l’Égypte était établie depuis des siècles : il associe aux grands dieux de l’État un roi qui s’est fait figurer parmi eux dans le sanctuaire. Sa façade, visible de loin depuis le fleuve, tenait lieu d’affirmation de pouvoir autant que de lieu de culte.

Son inscription sur la Liste du patrimoine mondial en 1979, avec l’ensemble des monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae, consacre aussi une histoire moderne : la campagne internationale de 1960 à 1980 a préservé 22 monuments et ensembles, avec une quarantaine de missions techniques venues de cinq continents. Abou Simbel en est le symbole, au point que l’image du temple déplacé est devenue inséparable de celle du temple antique.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Abou Simbel, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Working Together: Abu Simbel, UNESCO, Centre du patrimoine mondial ; Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae, UNESCO.