Le plateau de Gizeh

Le plateau de Gizeh

À Gizeh, trois ensembles pyramidaux royaux côtoient des tombes de proches, des lieux de culte et les traces de ceux qui ont travaillé pour les bâtir. Cette fiche présente le plateau comme un ensemble archéologique ; chaque monument possède ensuite sa propre fiche.

En quelques mots

Le plateau de Gizeh domine la vallée du Nil à l’ouest du Caire. Il accueille les tombeaux de trois rois de la IVe dynastie (vers 2613–2494 av. J.-C.) : Khéops, son fils Khéphren et son petit-fils Mykérinos. La pyramide de Khéops est la plus ancienne et la plus grande des trois ; aucun édifice ne la dépassera en hauteur avant environ 3 800 ans. Depuis 1979, le plateau fait partie du bien inscrit par l’UNESCO sous le nom « Memphis et sa nécropole », qui s’étend jusqu’à Dahchour et compte plus de trente-huit pyramides.

Ce que l’on découvre

Les trois silhouettes dominent le paysage, mais elles ne résument pas le site. Chaque pyramide royale n’était que la pièce principale d’un complexe plus vaste : petites pyramides de reines, pyramide satellite servant de second tombeau symbolique, mastabas des membres de la famille et des dignitaires, fosses abritant des barques réelles ou symboliques. Un temple de la vallée, bâti au bord de l’eau pour accueillir les bateaux, était relié par une chaussée décorée au temple funéraire dressé au pied de la pyramide. Des prêtres y entretenaient le culte du roi défunt et lui présentaient des offrandes.

Le Grand Sphinx et son temple forment un autre repère majeur. Les tombes de l’entourage de Khéops, le puits d’Hétéphérès et les installations d’Héit el-Gourab élargissent encore la lecture : elles parlent des familles royales, des hauts responsables, des approvisionnements et de l’organisation du chantier.

Ce qu’il faut regarder

Au pied de la grande pyramide, le mastaba de la reine Meresankh III mérite le détour. Épouse de Khéphren et petite-fille de Khéops, elle reçut une tombe très vaste et finement décorée. Elle rappelle que Gizeh n’est pas seulement un alignement de pyramides, mais une nécropole où les proches du roi avaient leur place. Sur la photographie, prise depuis le désert au sud, la pyramide de Mykérinos apparaît à gauche, précédée de petites pyramides de reines.

Son histoire

Les monuments n’ont pas été construits au même moment : ils traduisent des projets successifs, menés règne après règne, et des usages qui se sont poursuivis après la mort des rois. Le site attirait déjà les visiteurs à l’époque romaine. Aujourd’hui, le Giza Project, collaboration internationale basée à l’université Harvard, rassemble les archives archéologiques des pyramides, des cimetières et des habitats du plateau. Bien des questions restent ouvertes, en particulier sur l’organisation exacte des chantiers et sur la fonction de certains espaces.

Pour parcourir les fiches

Commencer par la grande pyramide de Khéops pour comprendre le projet royal, puis passer aux complexes de Khéphren et de Mykérinos, et à la fiche du Sphinx. Les fiches des cimetières et d’Héit el-Gourab apportent une autre échelle : celle des personnes et du travail. Les espaces fouillés ne doivent pas être confondus avec une ville unique et permanente de tous les bâtisseurs.

Sources

Ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités, Giza Plateau : https://egymonuments.gov.eg/archaeological-sites/giza-plateau/

UNESCO, Memphis and its Necropolis : https://whc.unesco.org/en/list/86

Harvard University, Digital Giza (Giza Project) : https://giza.fas.harvard.edu/