
En quelques mots
Dahchour s’étend au bord du désert occidental, à une trentaine de kilomètres au sud du Caire. Le site compte cinq pyramides : deux grandes pyramides de pierre élevées sous Snéfrou à la IVe dynastie, et trois pyramides de brique crue, plus petites, bâties à la XIIe dynastie par Amenemhat II, Sésostris III et Amenemhat III. Cette page s’intéresse aux deux premières du Moyen Empire. En revenant à Dahchour, plus de six siècles après Snéfrou, ces rois inscrivaient leur tombe dans un paysage funéraire déjà ancien.
Ce que l’on découvre
Entre les pyramides s’étendent de vastes espaces désertiques, semés de mastabas et de sépultures privées, de carrières, de rampes de construction, de chaussées et de restes d’habitats d’ouvriers. Les monuments du Moyen Empire y paraissent bien modestes à côté des masses de Snéfrou. La pyramide de Sésostris III, qui régna vers 1878–1840 av. J.-C., était pourtant haute de 62 mètres : un cœur de brique crue revêtu de calcaire. Privée de ce parement, elle n’est plus qu’un tertre de 21 mètres, creusé en son centre d’un profond cratère. Le pillage principal eut lieu à l’époque ramesside, quand pyramides et mastabas furent exploités comme carrières jusqu’à leurs fondations.
La pyramide d’Amenemhat II, qui régna de 1914 à 1879 av. J.-C. environ, est moins bien connue dans le détail. Son voisinage avec celle de Sésostris III invite à les comparer, mais leurs plans et leurs découvertes ne doivent pas être confondus.
Ce qu’il faut regarder
Le complexe de Sésostris III réserve deux particularités. La première est souterraine. L’entrée de la pyramide ne s’ouvre pas au nord, comme le voulait la tradition, mais à l’ouest. Un long couloir mène à une antichambre, à un serdab et au caveau, où repose un sarcophage de granit rouge finement taillé ; sa base reproduit en relief le dessin d’un mur d’enceinte. Aucun reste humain n’y a été retrouvé, ce qui laisse penser que le roi fut peut-être enterré ailleurs, et l’on a proposé Abydos, où il fit aussi aménager un complexe funéraire.
La seconde particularité tient à l’entourage du roi. Au nord et au sud de sa pyramide se dressaient sept petites pyramides. Au sud, la plus orientale était destinée au ka du roi ; celle de la reine Oueret Ire n’était qu’un cénotaphe, la reine ayant été inhumée ailleurs ; celle d’Oueret II cachait, dans une niche au fond de son puits d’accès, un dépôt de bijoux découvert en 1994 : scarabées, bracelets, ceinture de cauris en or et anneaux de cheville. Au nord, une galerie de huit chambres accueillit les sépultures de huit femmes de la famille royale ; Jacques de Morgan y trouva deux ensembles de bijoux en 1894. Chaque pyramide de femme possédait une petite chapelle ornée de scènes d’offrandes et des noms et titres de la défunte.
Son histoire
Jacques de Morgan fouilla la nécropole en 1894–1895. Le Metropolitan Museum of Art a repris le chantier de Sésostris III en 1990 et y mène depuis des campagnes annuelles de trois mois. Ses travaux ont montré que le complexe s’est agrandi en deux étapes, jusqu’à former un long rectangle. Au sud s’éleva alors un grand temple, qui semble marquer l’apparition d’un nouveau type d’édifice dans les complexes royaux. Sa fonction exacte et le lieu véritable de la sépulture du roi restent en discussion.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : The Pyramid Complex of Senwosret III in the Cemeteries of Dahshur, Metropolitan Museum of Art ; Queens and Princesses in the Pyramid Complex of Senwosret III, Dahshur, Metropolitan Museum of Art ; Amenemhat II, Digital Egypt for Universities, University College London.