En quelques mots
À Dahchour, la pyramide rouge est la plus haute du site. Elle fut édifiée pour Snéfrou, premier roi de la IVe dynastie, après la pyramide rhomboïdale située plus au sud. Sa pente régulière en fait un jalon majeur de la pyramide à faces lisses. Son nom actuel vient de la teinte rougeâtre des blocs mis à nu ; dans l’Antiquité, un parement de calcaire blanc recouvrait le monument. La couleur que l’on voit aujourd’hui raconte donc aussi la perte de cette enveloppe.
Ce que l’on découvre
La pyramide domine le plateau par un volume très large et une pente relativement douce. Son entrée est aménagée sur la face nord. Un long passage descendant mène à deux chambres successives sous plafond en encorbellement ; un autre passage donne accès à une troisième chambre, généralement interprétée comme chambre funéraire. Ce parcours fait sentir l’épaisseur de la maçonnerie et le soin apporté aux espaces internes. À l’est, les vestiges d’un temple appartenaient au complexe royal. Autour, les recherches ont aussi retrouvé des traces liées aux personnes et aux travaux de la nécropole.
Son histoire
La pyramide rouge succède, dans le programme de Snéfrou, à Meïdoum et à la pyramide rhomboïdale. Son profil ne présente pas la rupture de pente de cette dernière. Les dates exactes du chantier sont discutées : une proposition situe son début vers la treizième année du règne et estime sa durée à une dizaine d’années, sans certitude absolue. Le parement blanc fut largement prélevé après l’Antiquité, laissant voir le cœur rougeâtre. Des études archéologiques modernes ont documenté le monument, ses abords et des installations de travail proches.
Pourquoi ce lieu compte
Le monument montre l’aboutissement d’une série de choix de construction sous Snéfrou, tout en gardant son architecture propre. Ses trois chambres et leurs couvertures en encorbellement sont aussi instructives que son profil extérieur. Le nom « pyramide rouge » ne doit pas faire imaginer une pyramide antique entièrement rouge : la couleur actuelle résulte de la disparition du parement blanc. Rien ne permet de présenter comme certaine l’inhumation de Snéfrou dans une chambre précise.
