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Abou Rawach, pyramide de Rêdjédef : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Abou Rawach, pyramide de Rêdjédef
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Le complexe funéraire de Rêdjédef, ou Djedefre, occupe un haut plateau d’Abou Rawach, à environ huit kilomètres au nord-ouest de Gizeh. Son nom antique est traduit par « Le firmament de Rêdjédef ». Le souverain, fils de Khéops, appartient à la IVe dynastie ; la chronologie de cette liste place son règne vers 2566–2558 avant notre ère, tandis que la durée exacte du règne est discutée. Le monument ne doit pas être confondu avec les nécropoles plus anciennes ou les mastabas privés d’Abou Rawach. L’attribution au roi est assurée par des fragments de statues inscrits découverts dans le complexe. La forme actuelle, très basse, reflète une forte destruction et ne représente pas nécessairement une pyramide abandonnée pendant sa construction.

Présentation générale

La pyramide fut construite en intégrant un relief rocheux naturel dans son noyau. Autour se déployaient enceintes, temple funéraire, chaussée montante, secteur d’accueil et pyramide satellite. Les recherches menées par l’Institut français d’archéologie orientale et l’université de Genève ont renouvelé l’interprétation du site : le démantèlement ancien a pu faire prendre un édifice probablement achevé pour un chantier inachevé. La découverte de composantes cultuelles organisées soutient cette lecture. L’enquête ne restitue pas pour autant toutes les surfaces et élévations perdues. Abou Rawach offre donc un cas d’étude sur la construction d’une pyramide utilisant le rocher, sur la vie d’un complexe royal et sur l’effet d’une exploitation postérieure en carrière.

Monuments et vestiges

L’IFAO estime la base du projet à environ 106 mètres de côté et une hauteur restituée proche de 67 mètres ; ce sont des valeurs de reconstitution, non les dimensions de la ruine actuelle. Une grande partie de la masse interne reposait sur l’inselberg naturel. La pyramide conserve une descenderie et un aménagement central en forme de T comprenant un puits destiné au caveau royal ; la chambre funéraire fut presque entièrement détruite. Deux murs d’enceinte, avec des portes monumentales, structuraient le complexe. À l’est se trouvaient des bâtiments liés au temple, des cours, magasins et espaces d’habitat ou de service ; une chaussée montante reliait les secteurs du plateau et de l’accès. Une cavité naviforme a été observée dans un bâtiment du complexe, sans qu’il faille assimiler tous ses détails à une fosse de bateau conservée intacte. Une petite pyramide satellite au sud-est connut, selon les fouilles, une transformation de fonction et un remploi funéraire féminin.

Chronologie et phases de construction

Le chantier de Rêdjédef suit celui de Khéops, mais le déroulement exact des travaux n’est pas daté année par année. Les fragments inscrits et les bâtiments cultuels attachent sûrement le programme au règne du roi. Les fouilles récentes ont mis en cause la tradition d’une pyramide simplement inachevée, en montrant l’ampleur du prélèvement de pierre. Selon l’IFAO, la démolition du secteur funéraire se poursuivit notamment à l’époque romaine, et la carrière transforma profondément la superstructure et les espaces internes. Les enceintes, le temple et la chaussée donnent du poids à l’hypothèse d’un complexe fonctionnel achevé. La pyramide satellite présente elle-même une histoire en plusieurs phases, d’abord cultuelle puis probablement liée à une sépulture de reine. Il faut donc distinguer le projet initial, les usages antiques, le remploi et les destructions tardives.

Histoire et fonctions

Le complexe répondait à la fonction funéraire royale habituelle de la IVe dynastie, avec une pyramide centrale et des espaces pour le culte du souverain. Les cours, chapelles et statues établissaient un cadre de représentation du roi et de sa famille. Les magasins et espaces de service montrent que le fonctionnement du culte impliquait du personnel et des ressources. La pyramide satellite ajoute une dimension rituelle, puis funéraire si l’interprétation du remploi est retenue. Les mastabas de la nécropole voisine F, étudiés séparément par l’IFAO, témoignent de l’élite du règne. Leur présence contredit l’idée simplificatrice d’un souverain totalement isolé ou effacé de la mémoire de la cour. Les fonctions précises de chaque salle ne se lisent cependant pas toutes directement dans les fondations subsistantes.

Fouilles et histoire de la recherche

Des voyageurs du XIXe siècle, dont John Shae Perring et Karl Richard Lepsius, décrivirent le site. Flinders Petrie fit réaliser un sondage entre 1880 et 1882. Les fouilles de l’IFAO sur la face orientale, menées sous l’impulsion d’Émile Chassinat en 1901-1902, livrèrent des fragments de statues en quartzite, certains inscrits au nom de Rêdjédef. Pierre Lacau reprit des recherches en 1912-1913. À partir du milieu des années 1990, une mission conjointe de l’IFAO et de l’université de Genève, dirigée par Michel Valloggia, réexamina la pyramide, ses infrastructures, les enceintes et les bâtiments du complexe. Les campagnes jusqu’en 2007 ont conduit à une réévaluation du degré d’achèvement de la pyramide et de l’ampleur des démolitions. Les études de la nécropole privée F ont complété le tableau social et chronologique du règne.

État de conservation et questions de recherche

L’exploitation du calcaire, l’érosion et les destructions des espaces internes limitent fortement la lecture de la pyramide. Le noyau rocheux et la descenderie sont des données matérielles ; la hauteur complète, la silhouette finale et certains détails des temples restent des restitutions. L’IFAO juge l’achèvement de la pyramide vraisemblable, mais le degré de certitude doit être conservé dans le vocabulaire. La carrière romaine explique une part importante de la ruine, sans que chaque bloc disparu puisse être attribué à un épisode précis. Les enjeux contemporains de conservation comprennent l’urbanisation et l’exploitation du calcaire autour d’Abou Rawach. L’illustration de découverte fournie séparément évoque le site ruiné ;

Sources principales

Sources principales : Institut français d’archéologie orientale, « Abou Rawach », synthèse de la mission, https://www.ifao.egnet.net/uploads/docs/sites/IFAO-abou-roach_2012.pdf ; IFAO, rapport sur les premières campagnes de la mission Valloggia, BIFAO 96, https://www.ifao.egnet.net/bifao/096/12 ; UCL Digital Egypt, « King Djedefre », https://www.ucl.ac.uk/museums-static/digitalegypt/chronology/kingdjedefre.html ; Griffith Institute, Topographical Bibliography III/1, section « Abû Rawâsh », https://www.griffith.ox.ac.uk/topbib/pdf/pm3-1.pdf.

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