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Abou Rawach, cimetière archaïque M

Illustration du site Abou Rawach, cimetière archaïque M
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Au nord-ouest de Gizeh, Abou Rawach est souvent associé à la pyramide du roi Rêdjedef. Le cimetière M appartient pourtant à une époque bien plus ancienne : le milieu de la Ire dynastie, autour de 3000 av. J.-C., à la charnière des IVe et IIIe millénaires Il occupe un éperon rocheux dominant la plaine. Les fouilles y ont reconnu vingt-cinq tombes en briques crues, principalement de grands mastabas d’élite. Elles éclairent les pratiques funéraires de la région de Memphis avant les pyramides.

Ce que l’on découvre

Les massifs de briques ont beaucoup souffert, mais leurs fondations, niches et chambres enfouies conservent des indices précis. Dans le mastaba M02, une dalle de la herse en pierre qui fermait l’entrée de la chambre funéraire se trouvait encore en place. Près du mastaba M06, les archéologues ont découvert les restes d’une barque funéraire en bois. Des sépultures plus petites accompagnent certains grands monuments. Le mobilier comprend des jarres, des vases en pierre et des empreintes de sceaux ; l’une porte le nom du roi Den. Ces découvertes permettent de situer les tombes dans son règne, sans faire de Den l’occupant d’un mastaba.

Son histoire

Le cimetière M fut fouillé par Pierre Montet en 1913–1914, puis étudié à nouveau au XXe siècle. De 2009 à 2014, une équipe de l’Institut français d’archéologie orientale a repris quinze mastabas et leurs tombes associées. La céramique, les techniques de construction et des datations au carbone 14 précisent l’histoire du lieu. L’étude des squelettes trouvés dans des tombes subsidiaires n’a pas révélé de traces de violence ; elle conduit les fouilleurs à écarter l’idée d’un sacrifice humain pour ces personnes. Il faut néanmoins examiner chaque contexte séparément.

Pourquoi ce lieu compte

Abou Rawach M montre la place d’une élite de Basse-Égypte dans le jeune État égyptien. Les mastabas, les dépôts de fondation et la barque témoignent d’investissements importants dans les funérailles. Le site ne se confond ni avec la pyramide de Rêdjedef, construite plusieurs siècles plus tard, ni avec les sépultures royales d’Abydos. Les fouilles récentes ont redonné à ce cimetière longtemps négligé une place dans l’étude de l’architecture et des pratiques funéraires de la Ire dynastie.