
En quelques mots
Abydos était au Nouvel Empire l’un des grands centres du culte d’Osiris. Séthi Ier, deuxième roi de la XIXe dynastie, y fit élever un temple de calcaire, avec un usage ponctuel du grès, au plan inhabituel en forme de L. L’édifice associait le culte de plusieurs dieux à celui du roi et de ses ancêtres. Resté inachevé à la mort de Séthi Ier, il fut complété par son fils Ramsès II. Derrière le temple s’étend l’Osiréion, construction semi-souterraine distincte, liée au monde souterrain d’Osiris.
Ce que l’on découvre
L’entrée se faisait au nord-est par un grand pylône aujourd’hui disparu, suivi d’une première cour très endommagée. La façade actuelle est un portique à piliers percé de sept portes ; Ramsès II les fit toutes murer, sauf celle du centre. Viennent ensuite deux salles hypostyles : la première compte douze paires de colonnes papyriformes en grès à chapiteaux fermés, la seconde trente-six colonnes du même type. Au fond, sept chapelles alignées sont dédiées à Séthi Ier divinisé, Ptah, Rê-Horakhty, Amon-Rê, Osiris, Isis et Horus. Derrière la chapelle d’Osiris s’ouvre un ensemble réservé au dieu, avec deux salles, deux séries de chapelles et une chambre secrète à deux piliers, accessible aux seuls grands prêtres. L’aile sud, qui donne au plan sa forme en L, regroupe la Galerie des Ancêtres, la Salle des Barques et la Salle des Bouchers.
Ce qu’il faut regarder
La qualité du relief est la première chose à observer. Les salles décorées sous Séthi Ier portent un relief levé d’une grande finesse, que l’on distingue du travail réalisé ensuite sous Ramsès II.
Le second point d’attention est la célèbre liste royale, gravée sur la paroi ouest du passage qui mène de la seconde salle hypostyle à la Salle des Bouchers. Séthi Ier, coiffé de la couronne bleue, se tient à gauche ; devant lui, le prince Ramsès, portant la mèche de l’enfance, déroule un papyrus. Deux registres de 38 cartouches nomment 76 rois, de Ménès à Séthi Ier lui-même. Les absences sont aussi parlantes que les noms : ni les rois héracléopolitains, ni les souverains de la Deuxième Période intermédiaire entre Sobeknéferou et Kamosis, ni Hatchepsout, ni les rois amarniens. La liste appartient à un rite d’invocation des ancêtres ; elle affirme la légitimité du roi plus qu’elle ne dresse une chronologie complète.
Son histoire
L’Osiréion, bâti par Séthi Ier, était desservi par un long tunnel dont le décor fut ajouté sous son petit-fils Mérenptah. Henri Frankfort en reprit l’étude après la Première Guerre mondiale et la publia en 1933. Les reliefs du temple ont été relevés, souvent en couleurs, par Amice Calverley et Myrtle Broome pour l’Egypt Exploration Society. De 2023 à 2025, l’American Research Center in Egypt et le World Monuments Fund ont fait numériser en 3D l’Osiréion et le tunnel de Mérenptah, puis remplacé des barres d’acier corrodées par des ancrages en inox ; les travaux ont mis au jour la rampe de transport des blocs, taillée dans le substrat au nord du monument, et soixante-dix ostraca hiératiques et démotiques.
L’interprétation de l’Osiréion reste discutée. L’ARCE l’attribue à Séthi Ier, malgré un aspect archaïsant qui a parfois nourri l’idée d’une origine plus ancienne ; sa conservation demande un suivi constant.
Sources
Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Temple of Seti I, Abydos, American Research Center in Egypt ; The Abydos King List, American Research Center in Egypt ; Rediscovering Abydos with the World Monuments Fund, American Research Center in Egypt.