Abydos, temple de Ramsès II

Illustration du site Abydos, temple de Ramsès II
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Au début de son règne, Ramsès II fit bâtir à Abydos son propre temple, distinct du grand temple de son père Séthi Ier, qu’il acheva par ailleurs. Consacré au culte d’Osiris et au culte royal, l’édifice est connu pour ses reliefs peints, dont des scènes de la bataille de Qadech. Des dépôts de fondation marqués du nom de couronnement du roi, retrouvés à l’angle sud-ouest, confirment que la construction fut engagée sous son règne.

Ce que l’on découvre

Le temple occupe un vaste enclos rectangulaire d’environ 100 mètres sur 90, fermé par des murs de brique crue épais de 3,25 mètres et bordé de 42 magasins. Les fouilles de la mission de l’université de New York, dirigée par Sameh Iskander, y ont révélé des choix de construction inattendus. Le premier pylône, fondé sur une emprise de 8 mètres sur 58, était entièrement en brique crue, encadrant une porte de calcaire conservée sur environ 2 mètres de hauteur : l’emploi de la brique pour le pylône d’un temple de Ramsès II paraît sans précédent. La première cour était elle aussi pavée de briques, trait inhabituel à l’époque ramesside. Le pylône a été restauré sur une hauteur de 1,50 à 2 mètres.

Dix grands magasins de brique crue, couverts de voûtes, étaient accolés au palais du temple. Ils servaient de greniers et de réserves pour les provisions, les offrandes et le petit équipement du culte : un temple vivait d’une économie quotidienne autant que de ses rites.

Ce qu’il faut regarder

Les dépôts de fondation livrent le détail le plus concret. On y a trouvé des offrandes alimentaires, des plaquettes peintes en bleu ou en vert portant le nom de couronnement de Ramsès II, des modèles d’outils de construction en cuivre, un vase inscrit en hiératique et des meules ovales en quartzite. Enfouis lors de la fondation, ces objets rattachent directement l’édifice au règne de Ramsès II.

Le temple possédait aussi sa propre liste royale. Un fragment en calcaire, long de 3,70 mètres et haut de 1,35 mètre, découvert en 1818 par William John Bankes, est conservé au British Museum depuis 1837. Il conserve des parties de trois rangées de cartouches et 34 noms : les rangées supérieures vont des rois des VIIe–VIIIe dynasties à ceux de la XIIe, la rangée inférieure répète en alternance les deux noms de Ramsès II. Elle fait écho à la liste plus complète du temple de Séthi Ier.

Son histoire

Le lieu n’a pas cessé de servir après Ramsès II. À l’époque ptolémaïque, douze têtes de taureaux sacrifiés et leurs ossements furent placés dans des niches des magasins, et un squelette complet de taureau enterré sous le sol du palais du temple. Les fouilles récentes ont également livré une tête de déesse en granit noir du règne de Thoutmosis III, une statue assise en stéatite de la XXVIe dynastie, onze stèles et des ostraca coptes et démotiques.

Ces trouvailles montrent un site fréquenté avant et après la construction du temple, sans qu’il faille projeter les usages ptolémaïques sur le règne de Ramsès II. La chronologie de ces occupations successives et leur lien avec le culte royal restent à préciser.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : New discovery of foundation deposits and the storerooms of Ramesses II’s temple in Abydos, ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités ; Excavating and conserving the temple of Ramesses II in Abydos, American Research Center in Egypt ; Liste royale du temple de Ramsès II à Abydos (EA 117), British Museum.