Hibis, temple d’Amon

Illustration du site Hibis, temple d’Amon
Illustration créée pour Visite Égypte. Évocation du site ; elle ne documente pas l’état exact d’un secteur fouillé.

En quelques mots

Le temple d’Hibis s’élève juste au nord de la ville moderne d’El-Kharga, dans la plus vaste oasis du désert occidental, à quelque 200 kilomètres à l’ouest de la vallée du Nil. Il était consacré à Amon, « seigneur d’Hibis ». Sa construction a peut-être commencé sous la XXVIe dynastie, mais l’essentiel fut bâti et décoré sous la domination perse, au nom de Darius Ier, avant d’être achevé sous Nectanébo II, à la XXXe dynastie. C’est l’un des rares grands témoins de l’activité religieuse des rois achéménides en Égypte.

Ce que l’on découvre

Le temple s’ouvre à l’est. L’approche se fait par une succession de portes monumentales et d’enceintes, puis par un portique et une grande salle hypostyle, ajoutés en avant du noyau primitif. Viennent ensuite une première salle hypostyle, plus ancienne, les salles intérieures et le sanctuaire. Des escaliers mènent à plusieurs chapelles aménagées à l’étage, et une partie des salles est consacrée à Osiris, à côté de la théologie thébaine d’Amon. Le plan reprend celui du temple égyptien traditionnel, avec des adaptations propres au lieu.

Le grès est remarquablement conservé. Le temple se trouve au bord de la dépression de l’oasis, et le climat sec l’a préservé de l’humidité qui a dégradé tant de sanctuaires du Delta. Après une importante restauration, le monument est de nouveau ouvert au public.

Ce qu’il faut regarder

Le sanctuaire concentre l’intérêt du lieu. Ses parois sont couvertes de neuf registres superposés où figurent environ 700 divinités, ou peut-être des statues divines, classées province par province. L’ensemble forme un véritable inventaire des cultes actifs dans l’Égypte du temps, comme si le temple d’une oasis lointaine avait voulu rassembler en un seul lieu les dieux de tout le pays.

La salle hypostyle mérite aussi l’attention : ses murs sont conçus comme un immense rouleau de papyrus déroulé, avec des vignettes et une série d’hymnes à Amon. Parmi les scènes du temple figure Seth terrassant un serpent, relevée par Charles K. Wilkinson pour le Metropolitan Museum de New York dans un fac-similé à l’échelle 1/5.

Son histoire

Darius Ier se fait représenter à Hibis dans les attitudes rituelles d’un pharaon, offrant aux dieux égyptiens. Pour un souverain étranger, le décor valait affirmation de légitimité. Les Ptolémées puis les Romains agrandirent encore le monument. En 68 apr. J.-C., un long édit du préfet d’Égypte Tiberius Julius Alexander, rédigé en grec, fut gravé sur la porte extérieure pour annoncer la fin d’abus fiscaux.

Le Metropolitan Museum, autorisé à fouiller dans l’oasis à partir de 1907, y mena des campagnes jusqu’au début des années 1930 et publia le temple en plusieurs volumes. La part exacte de chaque règne reste discutée : l’hypothèse d’un chantier commencé sous Psammétique II n’est pas démontrée, et l’attribution d’une phase de décor à Darius II n’est pas soutenue par les inscriptions.

Sources

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Christiane Zivie-Coche, « Late Period Temples », UCLA Encyclopedia of Egyptology, 2008 ; Charles K. Wilkinson, Seth Slaying a Serpent, Temple of Amun at Hibis (48.105.5), Metropolitan Museum of Art ; Kharga Oasis and the Small Southern Oases, liste indicative, UNESCO.