Hibis, temple d’Amon : fiche complète

Planche interprétative consacrée à Hibis, temple d’Amon
Composition interprétative non métrique ; les positions et proportions ne constituent pas un relevé de fouille.

Identification et localisation

Le temple d’Hibis se trouve dans l’oasis de Kharga, la plus vaste du désert occidental, située à environ 200 kilomètres à l’ouest de la vallée du Nil. Il s’élève juste au nord de la ville moderne d’El-Kharga. Le sanctuaire était dédié à Amon, « seigneur d’Hibis » ; Mout, Khonsou, Osiris et Horus y recevaient aussi un culte.

Des Saïtes à Nectanébo II : une chronologie disputée

La fondation et la construction sont traditionnellement attribuées à Darius Ier (521–486 av. J.-C.), dont le nom apparaît à de nombreuses reprises dans la partie la plus ancienne du temple. Certains chercheurs font remonter le chantier à Psammétique II (595–589 av. J.-C.), mais les indices ne sont pas décisifs, les noms royaux ayant pu être repris pour conférer une légitimité. D’après Christiane Zivie-Coche, la construction a peut-être commencé sous la XXVIe dynastie, le temple ayant été bâti pour l’essentiel sous la XXVIIe dynastie, décoré principalement au nom de Darius et achevé sous Nectanébo II. La théorie d’Eugene Cruz-Uribe (1987), qui attribuait l’essentiel des travaux aux rois saïtes et à Darius II, est jugée très spéculative par David Klotz, pour qui la phase de décor parfois datée de Darius II n’est pas confirmée par l’épigraphie.

Un plan traditionnel agrandi vers l’est

Le noyau primitif comprenait une avant-cour, une salle hypostyle, le sanctuaire, plusieurs petites salles et, à l’étage, des chapelles desservies par des escaliers. Une seconde salle hypostyle, plus vaste, et un portique furent ajoutés devant l’entrée, du côté est, de même qu’un mur d’enceinte et des pylônes. Le plan suit le modèle du temple égyptien traditionnel, avec plusieurs aménagements particuliers.

Le naos aux sept cents dieux

Les parois du naos portent neuf registres où se succèdent environ 700 représentations de dieux, ou peut-être de statues divines, ordonnées par région : un panorama cultuel et topographique de l’Égypte, dans lequel chaque nome prend une forme d’Osiris. Le sanctuaire associe d’un côté une adaptation de la théologie thébaine et, de l’autre, plusieurs salles consacrées à Osiris. Les murs de la salle hypostyle sont traités comme un immense rouleau de papyrus, avec des vignettes et une série d’hymnes à Amon. Darius Ier y figure dans les attitudes traditionnelles du pharaon, comme dans le petit temple voisin de Qasr el-Ghueita.

L’édit de Tiberius Julius Alexander

Sur le montant nord de la porte extérieure est gravé en grec l’édit du préfet d’Égypte Tiberius Julius Alexander, daté du 6 juillet 68 apr. J.-C. Au début du règne de Galba, le préfet y promet la fin des exactions fiscales de l’époque de Néron et annonce des mesures touchant les impôts, la propriété et la justice. C’est l’un des plus longs édits de gouverneur provincial conservés dans le monde romain.

Le Metropolitan Museum dans l’oasis

Autorisé par le gouvernement égyptien en 1907 à mener prospections et fouilles à Kharga, le Metropolitan Museum of Art y conduisit des campagnes jusqu’au début des années 1930, au temple d’Amon comme dans la nécropole de Bagawat. La publication, sous le titre The Temple of Hibis in El Khārgeh Oasis, comprend notamment le volume des fouilles par Herbert E. Winlock (1941) et celui du décor par Norman de Garis Davies (1953), ainsi qu’un volume consacré aux inscriptions grecques. Les fac-similés peints par Charles K. Wilkinson, conservés au musée, restent une documentation essentielle. Le temple, étudié de longue date, a fait l’objet d’une importante restauration et est de nouveau ouvert au public ; il est mentionné dans le dossier « Kharga Oasis and the Small Southern Oases » inscrit par l’Égypte sur la liste indicative de l’UNESCO en 2015.

Sources principales

Sources (consultées le 30 septembre 2026) : Henry P. Colburn, « Kharga Oasis », Encyclopaedia Iranica, 2017 ; David Klotz, « Persian Period », UCLA Encyclopedia of Egyptology, 2015 ; Edict of Tiberius Julius Alexander on Egypt and Galba, Judaism and Rome.

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