Identification et localisation
Canope se trouvait sur la côte, à l’ouest de l’embouchure canopique du Nil, dans l’actuelle baie d’Aboukir, à une vingtaine de kilomètres à l’est d’Alexandrie. Une partie de la ville est aujourd’hui submergée, une autre se trouve sous la localité d’Aboukir. Toute proche, la ville de Ménouthis, également engloutie, abritait un sanctuaire d’Isis réputé pour ses guérisons.
Le nom et la légende
Selon la tradition grecque, la ville devait son nom à Canopos, le pilote du navire de Ménélas, mort à cet endroit au retour de la guerre de Troie. Un culte local d’Osiris, représenté sous la forme d’un vase à tête humaine, a donné son nom moderne aux « vases canopes » ; ceux-ci, qui servaient à conserver les viscères des momies, sont pourtant bien plus anciens que le culte de Canope.
Chronologie et fonctions
À l’époque ptolémaïque et romaine, Canope était célèbre pour son sanctuaire de Sérapis, qui attirait des malades venus chercher la guérison par l’incubation, un sommeil dans le temple au cours duquel le dieu devait apparaître. Un canal la reliait à Alexandrie ; le géographe Strabon décrit les foules qui l’empruntaient lors des fêtes. La renommée de la ville était telle que l’empereur Hadrien donna le nom de « Canope » à un bassin de sa villa de Tivoli, en Italie.
En 238 av. J.-C., un synode de prêtres réuni à Canope adopta un décret en l’honneur de Ptolémée III, qui instaurait notamment une réforme du calendrier ; plusieurs exemplaires gravés de ce « décret de Canope » ont été retrouvés en Égypte. Après la fermeture des temples païens, à la fin du IVe siècle, des moines s’installèrent sur le site.
La disparition sous les eaux
Comme Thônis-Héracléion, Canope a été progressivement engloutie, sous l’effet des séismes, de l’affaissement des sols du delta et de la montée du niveau de la mer. Le paysage actuel de la baie ne correspond plus au rivage antique.
Les découvertes
Les fouilles sous-marines de l’Institut européen d’archéologie sous-marine, dirigé par Franck Goddio, ont repéré à partir des années 1990, avec les autorités égyptiennes, les vestiges de sanctuaires, des statues, des objets de culte et des éléments d’architecture. Ces découvertes complètent celles de Thônis-Héracléion et éclairent la topographie de toute la région canopique.
État de conservation et questions de recherche
Les vestiges submergés, dispersés et couverts de sédiments, sont difficiles à interpréter. Les recherches portent sur l’emplacement des sanctuaires, sur les liens entre Canope, Ménouthis, Héracléion et Alexandrie, et sur l’évolution du littoral.
Sources principales
Sources (consultées le 28 septembre 2026) : IEASM, fouilles sous-marines en Égypte ; Franck Goddio, Héracléion.
