
Identification et localisation
Le fort de Qaitbay se dresse à l’extrémité orientale de l’ancienne île de Pharos, aujourd’hui rattachée au continent, à Alexandrie. Il occupe l’emplacement du célèbre phare antique et commande l’entrée du port Est. Sa silhouette est devenue l’un des emblèmes de la ville.
Chronologie
Le fort a été construit entre 1477 et 1479 (882–884 de l’hégire, selon le ministère égyptien) sur l’ordre du sultan mamelouk al-Ashraf Qaitbay, qui venait de visiter Alexandrie. La ville devait être protégée contre la menace croissante de l’Empire ottoman et contre les attaques venues de la mer. Le chantier remploya des blocs du phare, ruiné par des séismes au XIVe siècle, dont les vestiges encombraient encore la pointe de l’île.
Architecture
L’ensemble se compose d’un donjon carré de plusieurs niveaux, cantonné de tours d’angle, au centre d’une vaste cour. Le donjon abritait une petite mosquée, des salles pour la garnison et des magasins. Une double enceinte, flanquée de tours et percée de meurtrières, entoure la cour ; le côté tourné vers la mer était particulièrement renforcé. Des blocs de granite antiques, remployés dans les murs et les fondations, sont encore visibles. Selon le ministère égyptien, la construction est en calcaire et couvre environ 17 550 m² ; la cour intérieure comprend des casernements, des magasins et un réservoir d’eau destiné aux soldats et aux chevaux.
Histoire
Après la conquête ottomane de l’Égypte en 1517, le fort resta occupé par une garnison. Muhammad Ali le fit moderniser au XIXe siècle, en l’adaptant à l’artillerie. En 1882, il fut gravement endommagé lors du bombardement d’Alexandrie par la flotte britannique. Il fut restauré au XXe siècle, puis aménagé en musée ; le ministère signale de nouvelles opérations de conservation et un agrandissement en 2003.
Le fort et le phare
Le ministère égyptien décrit le donjon principal comme une tour carrée de trois niveaux, flanquée de quatre tours d’angle semi-circulaires à balcons en saillie, et rappelle que le monument, ouvert au public tous les jours, a été bâti sur les ruines du phare antique pour défendre la ville contre les attaques navales. Le fort appartient à l’histoire médiévale d’Alexandrie et ne reproduit pas l’architecture du phare. Il en conserve cependant l’emplacement et une partie des matériaux. Les fouilles sous-marines menées au pied du fort depuis les années 1990 ont repéré des milliers de blocs, des colonnes et des statues, dont certains pourraient provenir du phare ; ils sont étudiés séparément du monument mamelouk.
État de conservation et questions de recherche
Exposé aux vagues, à l’air salin et à l’érosion du littoral, le fort fait l’objet de travaux de protection et de restauration. Les recherches portent sur les phases de construction mameloukes, ottomanes et modernes, et sur l’identification des blocs antiques remployés.
Sources principales
Sources (consultées le 28 septembre 2026) : Ministère égyptien, fort de Qaitbay ; Ministère égyptien, site submergé du fort de Qaitbay.