Identification et localisation
Le temple d’Isis de Philae se trouvait sur une petite île du Nil, en amont de la première cataracte, au sud d’Assouan. Il fait partie du bien « Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae », inscrit au patrimoine mondial en 1979. Les monuments de l’île ont été démontés et remontés entre 1972 et 1980 sur l’île voisine d’Agilkia, aménagée pour reproduire la topographie d’origine.
Architecture et décor
Le temple principal s’ouvre par un premier pylône, suivi d’une cour où se trouve le mammisi, la « maison de naissance » consacrée à la naissance divine d’Horus. Un second pylône conduit à une salle hypostyle, puis aux salles intérieures et au sanctuaire. L’île porte aussi un temple d’Hathor, construit sous Ptolémée VI et Auguste, le kiosque de Trajan et la porte d’Hadrien.
Les reliefs montrent les souverains, ptolémaïques puis romains, faisant offrande à Isis, à Osiris et à Horus. Plusieurs scènes figurent Isis allaitant Horus dans les marais.
Chronologie et phases de construction
Le plus ancien édifice conservé remonte à la XXXe dynastie, avec un kiosque de Nectanébo Ier. Le grand temple d’Isis a été commencé par Ptolémée II Philadelphe (285-246 av. J.-C.) et agrandi par ses successeurs, puis décoré à l’époque romaine. Le culte a duré plus longtemps que dans tout autre temple égyptien : le prêtre Esmet-Akhom y a gravé en 394 apr. J.-C. la dernière inscription hiéroglyphique datée connue, et le temple a fonctionné jusqu’au règne de l’empereur Justinien, au VIe siècle.
Histoire et fonctions
Philae était un grand centre de pèlerinage, fréquenté par des Égyptiens et par des populations nubiennes, qui y maintinrent le culte d’Isis après la christianisation de l’Égypte. Après la fermeture du temple, une partie de l’édifice a été transformée en église ; des croix gravées en témoignent.
Le sauvetage
La construction du premier barrage d’Assouan, au début du XXe siècle, submergeait l’île une partie de l’année. Le haut barrage menaçait de l’engloutir définitivement. Dans le cadre de la campagne de l’UNESCO, les monuments ont été entourés d’un batardeau, démontés en milliers de blocs et reconstruits sur Agilkia. L’orientation et la disposition générale ont été respectées, mais le cadre est désormais celui d’une autre île.
État de conservation et questions de recherche
Les inscriptions hiéroglyphiques, démotiques et grecques de Philae documentent la fin des cultes égyptiens et les relations entre l’Égypte romaine et les peuples nubiens. Les photographies antérieures aux inondations permettent de comparer l’état des surfaces avant et après les longues périodes de submersion.
Sources principales
Sources (consultées le 28 septembre 2026) : Ministère égyptien, Philae ; UNESCO, Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae ; UNESCO, campagne internationale de sauvegarde des monuments de Nubie.
