
Identification et localisation
Le kiosque de Trajan et la porte d’Hadrien sont deux monuments romains de l’île de Philae, remontés avec le reste du site sur l’île d’Agilkia entre 1972 et 1980. Le kiosque se dresse au bord de l’eau, sur la rive orientale de l’île ; la porte d’Hadrien s’ouvre à l’ouest du temple d’Isis.
Le kiosque de Trajan
Le kiosque, que le ministère égyptien rattache à l’époque de Trajan (98–117 apr. J.-C.), est un pavillon rectangulaire à quatorze colonnes aux chapiteaux floraux, reliées par des murs d’entrecolonnement. Il est resté inachevé : seuls deux murs portent des reliefs, où l’empereur fait offrande à Isis, à Osiris et à Horus, et les blocs réservés à la sculpture des chapiteaux et des dés n’ont pas tous été travaillés. La couverture, aujourd’hui disparue, était probablement en bois. L’attribution à Trajan tient surtout à son décor : la date de construction de l’édifice reste discutée, et le règne de Trajan correspond à la phase de décoration, restée inachevée.
Le kiosque servait sans doute d’accès monumental à l’île pour les processions arrivant par le fleuve. Sa silhouette en a fait l’une des images les plus célèbres de Philae depuis le XIXe siècle.
La porte d’Hadrien
La porte d’Hadrien tire son nom de l’empereur Hadrien (117–138 apr. J.-C.), mais son décor s’étend sur une période plus longue, d’environ 117 à 180 apr. J.-C., c’est-à-dire d’Hadrien à Marc Aurèle. Elle donnait accès au secteur ouest de l’île, face à l’île de Bigeh, où la tradition plaçait l’une des tombes d’Osiris, l’Abaton. Ses reliefs sont liés au culte osirien. L’une des scènes les plus connues représente la source du Nil sous la forme du dieu Hâpy, abrité dans une grotte sous des rochers entourés d’un serpent.
Chronologie et fonctions
Ces deux monuments appartiennent à la dernière grande phase de construction de Philae, sous les empereurs romains qui reprennent le langage des pharaons. Le monument s’inscrit dans un sanctuaire dont le culte d’Isis s’est maintenu bien après l’Antiquité classique : l’UNESCO présente Philae comme l’un des derniers bastions de la religion égyptienne ancienne, et le sanctuaire a ensuite été transformé en église. Ils témoignent de la vitalité du culte d’Isis et d’Osiris à l’époque impériale.
Ce que l’on ignore encore du kiosque et de la porte
L’inachèvement du kiosque renseigne sur l’ordre des travaux : montage des blocs, puis sculpture sur place. Les traces d’inachèvement sont des données précieuses pour l’histoire des chantiers de l’époque romaine. Les deux monuments ont été démontés puis remontés sur l’île d’Agilkia lors de la campagne internationale de sauvegarde de l’UNESCO, qui a déplacé le complexe de Philae pour le soustraire à la montée des eaux après la construction du haut barrage d’Assouan. Reste à préciser, par l’étude des blocs et de leurs réserves de sculpture, la chronologie exacte entre la construction du kiosque et son décor, ainsi que la succession des campagnes de décor de la porte d’Hadrien.
Sources principales
Sources (consultées le 28 septembre 2026) : Ministère égyptien, Philae ; UNESCO, Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae ; UNESCO, campagne internationale de sauvegarde des monuments de Nubie.