Identification et localisation
Les carrières de granit d’Assouan s’étendent sur la rive orientale du Nil, dans le secteur de la première cataracte. Elles ont fourni pendant toute l’histoire pharaonique un granit rose et gris très recherché pour les obélisques, les colosses, les sarcophages et les éléments d’architecture. Dans la carrière nord, l’obélisque inachevé est resté couché dans la roche, à l’endroit même où il était taillé.
Le monument
Selon le ministère égyptien, l’obélisque aurait atteint environ 42 m de hauteur et un poids d’environ 1 168 tonnes s’il avait été achevé : il aurait été le plus grand obélisque jamais érigé en Égypte. Il est taillé d’une seule pièce, sur trois faces, et reste attaché à la roche par sa face inférieure.
Le chantier a été abandonné à cause de défauts de la pierre et de plusieurs fissures apparues pendant l’extraction. Le monument n’a donc jamais été détaché, transporté ni dressé.
Chronologie et attribution
Le ministère égyptien indique qu’il aurait été commandé par Hatchepsout (vers 1473-1458 av. J.-C.) pour le temple d’Amon à Karnak. Aucune inscription ne figure sur le bloc : cette attribution repose sur le contexte des grands obélisques de la XVIIIe dynastie et reste une hypothèse.
Techniques de taille
Les parois de la tranchée conservent les traces du travail : les carriers dégageaient le bloc en martelant le granit avec des boules de dolérite, une roche plus dure. Des lignes et des repères sont encore visibles sur la pierre. Le monument offre ainsi une coupe rare dans un chantier pharaonique interrompu.
Redécouverte et recherche
Recouvert de sable, l’obélisque a été dégagé au début du XXe siècle ; les travaux de l’égyptologue Reginald Engelbach, dans les années 1920, en ont fait une référence pour l’étude des techniques d’extraction. Les carrières voisines conservent d’autres monuments ébauchés et des inscriptions de carriers.
État de conservation et questions de recherche
Le site est aménagé en musée de plein air. Les recherches portent sur l’organisation du travail, les outils et la méthode de transport envisagée ; les restitutions du déplacement de l’obélisque restent des hypothèses, puisque ce bloc n’a jamais été déplacé.
Sources principales
Sources (consultées le 28 septembre 2026) : Ministère égyptien, l’obélisque inachevé ; Ministère égyptien, Assouan ; UNESCO, Monuments de Nubie d’Abou Simbel à Philae.
