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Hehet

Hehet, appelée aussi Hauhet dans certaines translittérations, appartient à l’Ogdoade d’Hermopolis : un groupe de huit puissances divines réunies en quatre couples. Elle forme une paire avec Hehou, ou Heh. Leur nom évoque l’étendue sans limite de l’état primordial. La déesse apparaît rarement comme une héroïne isolée d’un long récit. Son intérêt est précisément de montrer comment les Égyptiens pouvaient donner des noms et des visages aux conditions qui précèdent l’apparition du monde ordonné.

Une déesse parmi huit puissances

Dans la tradition d’Hermopolis, Hehet et Hehou prennent place aux côtés de Noun et Nounet, associés aux eaux premières, de Kékou et Kéket, liés à l’obscurité, ainsi que d’Amon et Amaounet, liés à ce qui est caché. Ces termes ne forment pas une liste d’éléments matériels au sens moderne. Ils donnent une expression religieuse à ce qui existe avant la lumière, les formes et les limites familières.

Le nom égyptien d’Hermopolis, Khmoun, signifie « ville des Huit ». Il rappelle la place du groupe dans la mémoire religieuse de la cité. Les textes et les images de l’Ogdoade ont changé au fil du temps ; les développements les mieux connus appartiennent surtout aux périodes tardives. Il serait donc trompeur de décrire une doctrine unique, entièrement fixée dès les débuts de l’histoire égyptienne. Les traditions locales ont été relues et combinées avec celles d’autres centres religieux.

Avant l’apparition du soleil

Selon des versions de la création hermopolitaine, les huit puissances préparent l’apparition du premier soleil. Celui-ci peut être décrit comme un enfant émergeant d’une île primitive ou comme une naissance liée à une fleur. Le récit ne met pas Hehet seule au premier plan. Le couple qu’elle forme avec Hehou participe à un ensemble de conditions antérieures au monde visible. L’idée d’étendue illimitée aide à imaginer cet avant, sans le confondre avec un espace vide décrit par la physique moderne.

D’autres centres égyptiens racontent les commencements autrement. À Héliopolis, Atoum joue un rôle majeur ; à Memphis, c’est Ptah. Ces récits pouvaient coexister et dialoguer. Le fait qu’Hermopolis possède sa propre Ogdoade n’impliquait pas que tous les Égyptiens rejetaient les autres explications de la création. Chaque tradition cherchait à situer un sanctuaire et ses dieux dans l’ordre du cosmos.

La forme du serpent

Dans les images de l’Ogdoade, les membres féminins peuvent avoir une tête de serpent et les membres masculins une tête de grenouille. Le Global Egyptian Museum note aussi des représentations entièrement humaines ou, dans certains contextes, des figures de babouins saluant le soleil levant. Notre illustration choisit pour Hehet une tête de serpent afin de rendre immédiatement lisible son appartenance au groupe. Le détail de la coiffe et des objets tenus dans les mains relève de l’unité visuelle de cette série contemporaine.

Le serpent n’est pas ici une indication de méchanceté. Dans la religion égyptienne, cet animal peut être protecteur, dangereux, royal ou primordial selon le contexte. Une déesse à tête de serpent n’est donc pas automatiquement Meretseger ou Renénoutet. Le nom inscrit et la présence des autres membres de l’Ogdoade restent essentiels pour identifier Hehet.

Sa fiche invite à regarder les dieux par groupes et par relations. Hehet nous parle moins d’une aventure individuelle que d’un horizon primordial partagé avec sept autres figures. Dans cette pensée, même l’étendue sans bord reçoit un nom, une partenaire ou un partenaire, et une place dans les images du commencement.

Sources et repères

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Hehet en pied, déesse à tête de serpent de l’Ogdoade
Évocation contemporaine de Hehet, déesse de l’Ogdoade ; © C.Rossignol