
Les tombes thébaines des hauts fonctionnaires ne sont pas des tombes royales. Leurs propriétaires, leurs dates et leurs décors donnent accès à d’autres milieux et à d’autres formes de mémoire. Le catalogue ne contient pour l’instant qu’un dossier détaillé dans cet ensemble : la tombe TT33 de Padiaménopé, à l’Assassif.
En quelques mots
La rive ouest de Thèbes compte de nombreuses tombes de dignitaires, creusées sur les pentes de la montagne, autour de Cheikh Abd el-Gourna et de l’Assassif. Le classement « tombes des hauts fonctionnaires » est une porte d’entrée éditoriale, pas l’affirmation que TT33 résume toutes ces sépultures. La sélection pourra être élargie lorsque d’autres fiches seront documentées. Pour l’UNESCO, la rive ouest compte des milliers de tombes, dont celles de nombreux dignitaires. Chacune a son propriétaire, sa date et son décor : les lire une à une permet de saisir d’autres milieux que la cour royale, et d’autres manières de préparer l’éternité.
Ce que l’on découvre
TT33 appartient à Padiaménopé, prêtre-lecteur de la fin de la XXVe ou du début de la XXVIe dynastie, au VIIe siècle av. J.-C. C’est une tombe immense : 22 salles et couloirs, 322 m de développement, quatre niveaux qui descendent à 21 m sous la surface du désert et 2 622 m² de parois décorées, d’après l’IFAO. Une enceinte de plus de 9 500 m² l’entoure.
Ses murs réunissent les grands recueils religieux de l’Égypte : Livre des morts, Amdouat, Livre des portes, Livre des cavernes, Textes des pyramides et rituel d’ouverture de la bouche. Une mission franco-italienne, dirigée par Silvia Einaudi et Isabelle Régen, l’étudie chaque hiver depuis 2004.
Ce qu’il faut regarder
Padiaménopé est aussi connu en Europe par une statue-cube conservée au Louvre. L’IFAO rappelle qu’elle porte le premier texte hiéroglyphique reproduit correctement en Occident, et que Champollion identifia le personnage en 1829. La photographie montre le village de Gourna, aujourd’hui démoli, au pied des tombes des nobles.
Son histoire
La chronologie de TT33 la sépare des tombes les plus célèbres du Nouvel Empire, bâties plusieurs siècles plus tôt. Cette différence est précisément utile : la nécropole thébaine continue d’être investie et transformée après la période des grandes tombes royales. Les élites de la Basse Époque y reprennent les textes anciens, qu’elles copient et réorganisent sur des parois immenses. Depuis la Renaissance, Padiaménopé a d’ailleurs joué le rôle d’un ambassadeur de la civilisation égyptienne en Occident, selon l’expression de l’IFAO : sa statue, ses textes et sa tombe accompagnent l’histoire même du déchiffrement des hiéroglyphes.
Pour parcourir les fiches
La fiche de TT33 détaille le monument, ses textes, l’histoire de son exploration et les limites de sa restitution. Pour situer ces tombes dans leur paysage, entre la Vallée des Rois et les temples funéraires, revenir à la fiche de la nécropole thébaine.
Sources
IFAO, mission épigraphique TT33 : https://www.ifao.egnet.net/archeologie/tt33/
UNESCO, Thèbes antique et sa nécropole : https://whc.unesco.org/en/list/87